BFMTV

Femen évacuées: comment le service d'ordre du FN est-il parvenu à entrer dans l'hôtel?

Les trois Femen ont été évacuées violemment par des membres du FN qui ont réussi à pénétrer dans leur chambre.

Les trois Femen ont été évacuées violemment par des membres du FN qui ont réussi à pénétrer dans leur chambre. - Thomas Samson - AFP

Trois Femen ont réussi à perturber le discours de Marine Le Pen lors du traditionnel rassemblement du 1er mai. Les militantes féministes ont été évacuées violemment par le service d'ordre du Front national alors qu'elles se trouvaient sur le balcon de la chambre d'un hôtel situé place de l'Opéra.

C'est certainement l'image que l'on retiendra de ce 1er mai 2015. Trois militantes Femen ont perturbé le discours prononcé par Marine Le Pen à l'occasion du traditionnel rassemblement du Front national. Seins nus, elles ont déployé des banderoles et hurlé "Heil Le Pen" dans un mégaphone, obligeant la présidente du FN à s'interrompre pendant près de cinq minutes.

Installées sur le balcon d'une chambre d'hôtel donnant sur la place de l'Opéra, où environ 3.500 militants FN étaient rassemblés qui les ont copieusement huées, les trois militantes féministes ont été stoppées dans leur opération par l'intervention très musclée de membres du service d'ordre interne au Front national. "

Nous nous demandons pourquoi le personnel de l'hôtel les a laissés entrer", s'interroge Inna Shevchenko, la leader des Femen en France.

"Montrer leur vrai visage"

Dans un premier temps, c'est la sécurité de l'hôtel qui tenté d'intervenir. Des membres de l'établissement arrivent sur le balcon voisin et arrachent l'une des banderoles. Puis intervient le service d'ordre du Front national. Ses membres saisissent les jeunes femmes violemment et les emmènent dans la chambre. Ces hommes reviennent ensuite pour arracher la seconde banderole.

"Ca c'est passé très vite, raconte à BFMTV Sarah Constantin, la porte-parole du mouvement. C'étaient des personnes violentes qui clairement voulaient en découdre avec nous."

"Le service d'ordre du Front national ainsi que des militants très échauffés étaient présents", poursuit la Femen, qui se demande comment ils ont pu arriver avant la police. "On connait ces gens-là, on sait qu'ils peuvent être violents et c'est pour ça qu'on fait aussi ces opérations, pour montrer leur vrai visage", explique-t-elle, ajoutant que "le service d'ordre du FN s'est battu avec des personnes de l'hôtel".

Selon une journaliste de France 2, les membres du service d'ordre du FN ont réussi à pénétrer dans la chambre des militantes féministes car ils auraient confondus par les employés du Grand Hôtel-Intercontinental, avec des policiers en civil. L'employé les aurait alors accompagné jusqu'à la chambre puis leur aurait ouvert.

Une plainte déposée contre X

Interpellées, comme leur accompagnateur ainsi que trois membres de la sécurité du FN, les trois Femen ont été entendues dans le cadre d'auditions libres au commissariat du IVe arrondissement. Libérées, elles ont annoncées, par le biais de leur avocat, qu'elles allaient porter plainte contre X pour "violences, violation de domicile et arrestation arbitraire", indique FranceTV info. Les militantes ayant loué la chambre pour mener leur opération.

La direction de l'hôtel se réserve pour le moment à lancer ou non une procédure contre les membres du service de sécurité du Front national.

Les Femen ont aussi été convoquées lundi pour "exhibition sexuelle". "Nos corps ne sont pas des organes sexuels", a déploré Sarah Constantin, la porte-parole des Femen, sur BFMTV.

J.C.