BFMTV

Marine Le Pen se dit "étonnée" par l'intervention américaine en Syrie

Au lendemain des frappes américaines contre le régime de Bachar al-Assad, la présidente du Front national a exprimé son "étonnement", alors que Donald Trump avait assuré à plusieurs reprises qu'il n'interviendrait pas en Syrie.

Elle avait salué son élection comme "la victoire de la liberté" et "l'émergence d'un nouveau monde", mais aussi comme "un signe d'espoir". Marine Le Pen semble aujourd'hui prendre ses distances avec le président américain, notamment sur le dossier syrien.

Quarante-huit heures après une attaque chimique sanglante en Syrie qui a fait au moins 86 morts dont 27 enfants, Donald Trump a ordonné jeudi des frappes contre des installations du régime de Bachar al-Assad. Une décision unilatérale, alors que le Conseil de sécurité des Nations Unies ne parvenait pas à se mettre d'accord sur une résolution pour condamner cette attaque, mais aussi une décision surprenante alors que le président américain a longtemps assuré qu'aucune intervention directe ne serait menée en Syrie.

Invitée dans la matinale de France 2 vendredi matin, Marine Le Pen s'est interrogée sur la réaction américaine : "Est-ce que c'est trop demander d'attendre les résultats d'une enquête internationale indépendante avant d'opérer ce genre de frappes?". La présidente du Front national s'est dite "étonnée" par ces frappes alors que Donald Trump avait indiqué "qu'il n'entendait plus faire des Etats-Unis le gendarme du monde".

"Il faut respecter la souveraineté des Etats"

La candidate à l'élection présidentielle a espéré que ne se reproduisent pas les scénarios irakien ou libyen qui, selon elle, sont "des processus qui ont entraîné le chaos, qui ont fini par conforter le fondamentalisme islamiste et les structures terroristes qui ont profité de ce renforcement pour venir nous frapper sur notre sol".

Si Marine Le Pen a vivement condamné l'attaque chimique de mardi, elle n'appelle toutefois pas au départ du président syrien. "Tant qu'il n'y a personne d'autre de crédible pour prendre des responsabilités, la seule chose que l'on peut faire, c'est d'organiser des élections car il faut respecter la souveraineté des Etats", a-t-elle expliqué, avant de conclure que "c'est au peuple syrien de choisir son dirigeant".

Mélanie Rostagnat