BFMTV

Marine Le Pen peaufine sa stratégie anti-Fillon

Marine Le Pen est arrivée.

Marine Le Pen est arrivée. - BFMTV

La candidate du Front national pour la présidentielle se fait plus présente dans les médias en ce début d'année. En parallèle, elle multiplie les attaques contre François Fillon, le candidat de la droite, en ciblant notamment son programme sur la santé.

François Fillon serait-il dangereux pour le Front national ou sa candidate? C'est ce que pense Marion-Maréchal Le Pen, mais c'est une idée que la principale intéressée, Marine Le Pen, veut réduire en miettes. Sur RMC et BFMTV ce mardi, la présidente du parti d'extrême-droite a nuancé les propos de sa nièce.

"Elle a dit ça un peu spontanément, avant d’avoir regardé l’intégralité de son programme", a-t-elle déclaré, avant d'en profiter pour attaquer son adversaire de droite sous son angle privilégié: son programme "est absolument terrifiant, le projet qu’il a pour la santé est catastrophique", a-t-elle estimé.

Début décembre, elle déclarait que le programme de François Fillon, attaqué avec la même virulence par la gauche, lui donnait "la nausée". Un terme qui lui a peut-être inspiré son dernier tract. Comme le rapporte L'Opinion, ce document de campagne, qui imite une carte vitale, s'intitule "Fillon va vous rendre malade". La candidate y dénonce notamment "le démantèlement de la Sécurité sociale, le déremboursements des soins courants, du dentaire, de l'optique, des prothèses auditives" et "l'explosion du coût des mutuelles".

François Fillon "tombé dans un trou"

Elle promet au contraire de "sauver la Sécurité sociale et de garantir une protection juste pour tous les Français". Mais aussi de renforcer les luttes contre la "fraude sociale", et supprimer l'AME, "qui organise la prise en charge intégrale des frais de santé des clandestins". Une mesure qu'elle met François Fillon au défi de réitérer. "J'attends qu'il redise la suppression de l'AME", a-t-elle lancé ce mardi sur RMC et BFMTV. L'Aide médicale de l'Etat vise à permettre aux personnes en situation irrégulière d'accéder aux soins. Elle est attribuée sous conditions de ressources et de résidence stable en France.

Dans une interview au magazine Causeur, dans son édition de janvier, la candidate en remet une couche. "Depuis sa victoire, Fillon est tombé dans un trou, il est congelé, il ne bouge plus", déclare-t-elle dans cet entretien, rapporté par LCI. Il s'est "balladurisé", attaque-t-elle aussi, dénonçant son absence médiatique, alors qu'elle-même se faisait discrète ces deniers temps et entame seulement sa rentrée, un mois avant la présentation officielle de son programme, prévue début février à Lyon.

Attirer de nouveaux électeurs

La candidate du parti d'extrême-droite tente de ménager sa place dans la campagne, entre les candidats à la primaire de gauche, François Fillon et Emmanuel Macron. Dans ses voeux, il y a quelques jours, elle dénonçait les "candidats du renoncement", les "candidats des banques", "du système, de la finance, des médias ou encore les candidats de la brutalité sociale", se présentant comme porteuse d'"espérance". En choisissant cet angle "social" d'attaque contre ses adversaires, Marine Le Pen espère aussi sans doute amener à elle des électeurs qui ne lui sont habituellement pas acquis.

"Un certain nombre de fonctionnaires ont été effrayés par les propositions de François Fillon et tout l'enjeu pour Marine Le Pen est, en plus de conserver les électeurs qui étaient déjà acquis, de pouvoir récupérer des pans entiers de l'électorat qui habituellement ne votaient pas pour elle", analyse ce mardi sur BFMTV Gaël Sliman, président de l'institut de sondages Odoxa.

Charlie Vandekerkhove