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Marche contre l'antisémitisme: Le Pen ne veut pas "participer à une instrumentalisation politicienne"

La députée et présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, le 6 février 2019 à la sortie de l'Elysée à Paris.

La députée et présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, le 6 février 2019 à la sortie de l'Elysée à Paris. - Ludovic Marin - AFP

Le Rassemblement national rendra un hommage séparé ce mardi "aux victimes de l'antisémitisme". Une marche réunissant de nombreux responsables politiques se tiendra en parallèle à Paris dans la soirée.

"Je ne vais pas où je ne suis pas souhaitée et désirée", a déclaré ce mardi matin sur Europe 1 la présidente du Rassemblement national. Celle-ci n'a pas été invitée par le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui avait assumé sur RTL lundi ne pas avoir convié le RN, "un parti d'extrême-droite dont toute l'histoire est liée justement à la question de l'antisémitisme et du racisme". Il a toutefois précisé que Marine Le Pen était la "bienvenue" à la manifestation

"Nous n'avons pas été invités. (...) Pendant trois jours, (Olivier Faure) a indiqué de la manière la plus claire qui soit que nous étions exclus. Je note d'ailleurs que les dirigeants des partis politiques qui ont signé cet appel ne se sont pas scandalisés de voir le Rassemblement national mis ainsi de côté", a tancé Marine Le Pen au micro d'Europe 1

"Je ne veux pas participer à une instrumentalisation politicienne"

"Je ne veux pas participer à une instrumentalisation politicienne. Nous avons pris la décision de rendre hommage en fin de journée aux victimes de l'antisémitisme", a-t-elle rappelé.

"Nous considérons que l'antisémitisme, ce sont les victimes qui en parlent le mieux, et somme toute, ce sont elles qui parlent le mieux de leur bourreau", a poursuivi la tête de file du Rassemblement national. 

Au total, 541 actes antisémites ont été recensés en 2018, un chiffre en hausse de 74% sur un an mais qui reste inférieur au dernier pic de 2014 (851) et de 2004 (974).

Cet antisémitisme, Marine Le Pen l'impute au "fondamentalisme islamiste" et accuse "les partis qui vont manifester ensemble ce soir (et) ont été, les uns et les autres, au pouvoir les trente dernières années". "Aujourd'hui, l'extrême-droite antisémite en France, ce sont quelques groupuscules dont le nombre de membres est tout à fait dérisoire", a-t-elle précisé par ailleurs, se disant "attaquée tous les jours" par ces mêmes groupes. 

Marine Le Pen avait participé en mars 2018 à la marche blanche contre l'antisémitisme après le meurtre de Mireille Knoll. Accueillie par des huées, elle avait finalement réussi à rejoindre la marche un peu plus tard.

Liv Audigane avec AFP