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Front national: Le Pen maintient Philippot vice-président mais lui retire sa délégation

Le vice-président du Front national Florian Philippot, le 9 septembre 2017 à Brachay.

Le vice-président du Front national Florian Philippot, le 9 septembre 2017 à Brachay. - François Nascimbeni - AFP

La présidente du Front national a annoncé ce mercredi soir maintenir Florian Philippot dans son rôle de vice-président, mais en lui retirant sa "délégation à la stratégie et à la communication".

La président du Front national Marine Le Pen a annoncé ce mercredi soir dans un communiqué maintenir Florian Philippot en tant que vice-président du parti, mais "sans délégation". 

Dénonçant un "conflit d'intérêts" entre la vice-présidence du FN et son rôle de président de l'association politique "Les Patriotes", Marine Le Pen a indiqué qu'elle lui "retirait sa délégation à la stratégie et à la communication". "Sa vice-présidence sera, à compter de ce jour, sans délégation", complète-t-elle.

"Florian Philippot est aujourd'hui au pied du mur"

"La procédure de divorce est maintenant engagée", estime sur notre antenne Bruno Jeudy, éditorialiste politique pour BFMTV. "Marine Le Pen met en quelque sorte à pied Florian Philippot, qui refuse de démissionner de sa présidence des Patriotes, un club politiqué créé avant l'été", explique-t-il.

"Tout au long de l'été, ça a été le feuilleton au Front national de cette escalade entre la présidente et son vice-président, sur fond d'échec à la présidentielle. (...) Florian Philippot est aujourd'hui au pied du mur, soit il se démet soit il se soumet", analyse-t-il.

"Ils doivent se voir vendredi tous les deux en tête à tête, est-ce que ce sera l'ultime rendez-vous entre eux? Au Front national, on a déjà connu ça: Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret. Ça s'était fini par l'éviction et le départ de Bruno Mégret."

Plusieurs mois de conflit

Pour Florian Philippot, le "conflit d'intérêt" avancé par sa président n'est qu'un "prétexte". Interrogé ce mercredi soir sur CNews, il dénonce un "retour en arrière absolument terrifiant" sur la ligne politique du Front national. 

Mais la sanction est aussi et surtout la suite logique de plusieurs mois de conflit croissant entre la présidente du FN et celui qui était jusque-là considéré comme son bras droit et son alter ego idéologique.

Lundi, déjà, en bureau politique, Marine Le Pen l'avait mis en garde: "C'est comme un divorce, ça peut se passer bien ou mal. Tu seras triste, je serai triste, mais le Front s'en remettra", avait-elle dit en substance, selon deux participants cités par l'AFP. 

Dans l'entourage de Marine Le Pen, on mettait en avant mercredi soir le caractère "proportionné" de la mesure à l'égard du chef d'orchestre du "marinisme" depuis 2011, principale figure d'ouverture d'un parti qui a tenté ces dernières années de se "dédiaboliser" et obtenu des résultats électoraux croissants avant une présidentielle et des législatives 2017 pas à la hauteur de ses espérances.

"Tout le monde a été très patient avec lui"

"'Marine' a l'esprit large, elle essaie toujours de trouver un consensus. Mais personne ne comprend la fébrilité de Florian Philippot... Tout le monde a été très patient avec lui mais il ne veut pas faire le moindre geste" et "nie le processus de refondation qui vient de démarrer" et doit aboutir à un congrès en mars, s'est encore agacée cette source à l'AFP.

Le vice-président du Front national voit déjà diminuer ces derniers temps le nombre de ses soutiens internes, déjà considéré comme réduit: plusieurs cadres locaux le soutenant comptent rendre leur carte. 

"S'il y avait un sondage interne, 90% des frontistes demanderaient le départ de Florian Philippot", estime un proche de Marine Le Pen. Rien à voir, assurent plusieurs marinistes, avec Bruno Mégret.

Liv Audigane, avec AFP