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Feu vert à la nomination de Dominique Simonnot comme Contrôleuse générale des prisons

La prison des Baumettes à Marseille, le 6 novembre 2017

La prison des Baumettes à Marseille, le 6 novembre 2017 - BORIS HORVAT © 2019 AFP

Jusque-là journaliste au Canard Enchaîné, Dominique Simonnot va succéder à Adeline Hazan, qui a quitté ce poste mi-juillet après six ans à la tête de cette autorité administrative indépendante.

Le Parlement a donné mardi soir son feu vert à la nomination de la journaliste du Canard enchaîné Dominique Simonnot au poste de Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, où elle entend voir ses recommandations appliquées "avec la plus grande fermeté".

Sa nomination à la tête du CGLPL a été validée d'une courte majorité dans la soirée, a appris l'Agence France-Presse (AFP) de source parlementaire. Sur 43 votants, 40 députés et sénateurs se sont exprimés, 22 pour sa nomination et 18 contre, a précisé cette source.

Auditionnée plus tôt dans l'après-midi par les parlementaires, Dominique Simonnot, proposée à ce poste le 5 octobre par le président Emmanuel Macron, a expliqué qu'elle n'avait "pas l'intention de diriger une institution qui servirait d'alibi".

"Je ne me priverai pas d'alerter la presse"

"C'est un énorme problème" que les recommandations du contrôleur général ne soient pas contraignantes, a estimé avant le vote la chroniqueuse judiciaire. "Je ferai tout ce que je peux pour que ces recommandations soient appliquées avec la plus grande fermeté".

"Je ne me priverai pas d'alerter la presse et de venir vous voir pour vous demander de l'aide, après tout le législateur est aussi là pour arranger les choses, moi je ne demande qu'à travailler avec les institutions", a assuré Dominique Simonnot aux sénateurs qui l'interrogeaient.

Le poste était vacant depuis le départ à la mi-juillet d'Adeline Hazan, qui a occupé pendant six ans la direction de cette autorité administrative indépendante.

Le contrôleur général des prisons (CGLPL) veille à défendre les droits fondamentaux dans les prisons, hôpitaux psychiatriques, centres de rétention administrative, centres éducatifs fermés et locaux de garde à vue. Il peut notamment être saisi par des détenus ou leurs proches.

Dominique Simonnot est âgée de 68 ans. Elle a été journaliste au quotidien Libération avant de rejoindre l'hebdomadaire satirique en 2006 où elle publie chaque semaine une chronique judiciaire intitulée Coups de barre, en suivant en particulier les audiences de comparution immédiate. Elle a publié plusieurs livres sur la justice. Avant de devenir journaliste, elle avait travaillé au sein de l'administration pénitentiaire comme éducatrice.

"Surprise" par sa nomination

Devant les sénateurs, la journaliste s'est dite "surprise" par sa nomination et a promis de "remplir cette lourde tâche avec le plus d'honnêteté, d'impartialité et d'acharnement".

Dénonçant les "conditions souvent indignes" en milieu carcéral, Dominique Simonnot a notamment annoncé son intention de continuer à développer "toutes les alternatives possibles" à l'emprisonnement comme le bracelet électronique.

"Dans les maisons d'arrêt, la surpopulation n'a jamais cessé malgré la décélération, dans certains lieux on a encore jusqu'à 190%" de taux d'occupation, a-t-elle ajouté.
C.M. avec AFP