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Faut-il interdire les emplois familiaux au Parlement?

Les révélations sur l'emploi des filles du ministre de l'Intérieur comme assistantes parlementaires à l'Assemblée nationale relancent un débat qui s'était déjà posé au début de l'affaire Fillon: faut-il interdire les emplois familiaux au Parlement?

Après François Fillon et Marine Le Pen, c'est au tour du ministre socialiste de l'Intérieur d'être sous le coup d'une enquête liée à ses contrats d'assistants parlementaires. Lundi, l'émission Quotidien sur TMC a révélé que Bruno Le Roux avait fait signer 24 contrats de collaboratrices parlementaires à ses filles, dès l'âge de 15 ans, du temps où il était député de Seine-Saint-Denis.

Une pratique "incompréhensible pour les gens"

Interrogé par Quotidien, Bruno Le Roux a qualifié ses emplois de "stages d'été" et a demandé à ne pas faire "d'amalgame" avec l'affaire Fillon. Mais cette nouvelle affaire vient remettre au cœur du débat la question des emplois familiaux au Parlement.

Selon Mathias Fekhl, soutien du candidat PS Benoît Hamon, il faut "purement et simplement interdire cette pratique qui est incompréhensible pour les gens". 

"Il faut que la transparence amène des changements"

Aujourd'hui, au moins 103 députés sur 572, ont des liens familiaux avec leurs assistants, selon l’enquête des Décodeurs. Mais ce chiffre pourrait être sous-estimé, puisque seulement la moitié des élus ont accepté de jouer le jeu de la transparence. Pour François de Rugy, cette transparence n'était "pas l'habitude" en politique, mais commence à le devenir, "et c'est tant mieux". "Il faut que ça amène des changements". 

Même si elle est légale, la pratique n'est pas contrôlée et peu interroger: les fonctions des proches du parlementaire sont souvent floues.

"Le problème n'est pas de toujours interdire parce qu'on commence à en avoir ras-le-bol, mais le problème c'est l'effectivité et que les choses se fassent dans la plus grande transparence" explique député LR Jacques Myard.

Mais attention tout de même à ne pas trop interdire, car le risque pourrait être de mettre les parlementaires sous la tutelle des médias et de l'opinion publique selon lui. 

M.P