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Le Siel, ce parti d'extrême droite proche du FN

Fatima Allaoui a été démise de ses fonctions à l'UMP à cause de son appartenance au Siel.

Fatima Allaoui a été démise de ses fonctions à l'UMP à cause de son appartenance au Siel. - BFMTV

La polémique autour de Fatima Alloui, démise de ses fonctions à l'UMP pour avoir adhéré au Siel, met en lumière ce petit parti d'extrême droite très discret, proche du Front national.

Le passage de Fatima Allaoui à l'UMP aura été court. Conseillère régionale de Languedoc-Roussillon, elle avait récemment été nommée secrétaire nationale de l'UMP par Nicolas Sarkozy, à la demande de Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais la numéro 2 du parti affirme n'avoir pas su que sa recrue, âgée de 37 ans, était aussi adhérente du Siel (Souveraineté, indépendance et liberté), un petit parti allié du Front national. Dès lundi après-midi, l'intéressée a été démise de ses fonctions à l'UMP.

De quoi agacer Fatima Allaoui, qui a confirmé jeudi matin qu'elle ne "reprendrait pas (s)a carte à l'UMP". "Je n'ai pas de lien avec Marine Le Pen", a-t-elle précisé jeudi sur RMC. "En effet, le Siel est un micro-parti indépendant du Front national, créé par des gens de l'UMP et aujourd'hui encore à l'UMP, et dont la plupart sont de près ou de loin proches de l'UMP."

Raison de plus, de son point de vue, pour souhaiter qu'on "divulgue, de la même manière qu'on l'a fait pour moi, la liste des adhérents du Siel et à ce moment-là on pourrait comparer. Je demande donc à vérifier les fichiers, on serait surpris".

Des adhérents "en rupture" avec leur parti d'origine

"Si elle entend par là que le Siel est composé de nombreux déçus de l'UMP, alors elle a raison", répond le président du Siel, Karim Ouchikh, joint par BFMTV.com. Quant à d'éventuelles "doubles appartenances" à deux partis différents, "cela peut arriver", reconnaît le responsable, "mais la plupart des adhérents sont en rupture avec leur parti d'origine".

Fondé fin 2011 par Paul-Marie Coûteaux, à l'époque proche de Marine Le Pen, le Siel se place au départ à la droite de l'UMP. "Parti de cadres", comme le qualifie Karim Ouchikh, il doit permettre d'établir une passerelle entre l'UMP et le Front national. Déçus de l'UMP, partisans de Nicolas Dupont-Aignan ou encore du MPF de Philippe de Villiers figurent parmi les quelque 600 adhérents. 

Son président, Paul-Marie Coûteaux, devient vite un allié encombrant pour le Front national. Il conteste la ligne politique choisie par Marine Le Pen et attire l'attention médiatique avec des déclarations polémiques. En pleine campagne pour les élections municipales, il fait scandale en évoquant l'idée de "concentrer" les Roms "dans des camps". Puis il est pris en flagrant délit de mensonge devant des caméras de Canal+ à propos de nouvelles adhésions. Il est finalement écarté de la tête du Siel par Marine Le Pen, qui installe Karim Ouchikh à sa place, lequel devient conseiller à la culture de la présidente du FN. Désormais, le Siel affiche des idées proches de celles du Front national, et revendique trois piliers: "la souveraineté du pays, le défi des identités et les libertés (économiques, numériques, etc.)", explique Karim Ouchikh.

"Le Siel oeuvre pour la réussite de Marine Le Pen"

Si leurs stratégies divergent sur certains points, les deux partis restent des alliés. "Le Siel oeuvre pour la réussite de Marine Le Pen", martèle son président. Les élections départementales de 2015 pourraient en être la preuve. Le parti espère investir "une cinquantaine de candidats" pour ce scrutin, qui se présenteront sous l'étiquette du Rassemblement Bleu Marine, et seront soutenus par le Front national.

Fatima Allaoui devait d'ailleurs en faire partie. Son sort au sein du Siel sera scellé vendredi lors d'une réunion de bureau. En attendant, Florian Philippot, vice-président du FN, lui a affiché son soutien et proposé de rejoindre le Front national. Fatima Allaoui a dit "apprécier" la démarche. Désormais, elle n'exclut plus rien. "Je réfléchis", dit-elle.

Ariane Kujawski