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Européennes: système D pour les petites listes

Imprimer des affiches, les coller, livrer des bulletins de vote, communiquer... Pour les plus petits partis, les impératifs d'une campagne électorale sont extrêmement lourds.

Alors que la campagne pour les élections européennes est officiellement lancée, les affiches collées devant les mairies, certaines listes peinent à suivre le rythme par manque de moyens, et d'effectifs. Les "gros" partis, ou du moins ceux habitués aux élections, ont des équipes de communication, de conception des affiches de campagne ou encore de distribution des bulletins de vote. Mais c'est la débrouille pour les plus petits, qui croulent sous les tâches.

"Ca va de l'impression, de la livraison, du collage des affiches, de la charte graphique, d'aller devant la radio, devant la télévision..." énumère Olivier Bidou, tête de liste des Oubliés de l'Europe, sur BFMTV. "Il faut être partout, répondre aux banques, aux préfectures", ce qui n'est pas facile dans un petit parti.

"Du temps qu'on ne passe pas à faire campagne"

"Le temps qu'on passe à livrer les bulletins de vote, à préparer les colis, c'est du temps qu'on ne passe pas à faire campagne évidemment", déclare Audric Alexandre, tête de liste du Parti des Citoyens européens (PACE), à BFMTV.

Lui livre lui-même les bulletins de vote de sa liste dans quatre départements, ils sont six à parcourir la France ainsi dans son parti. Le PACE a également dû demander la participation de ses électeurs pour pouvoir proposer ces bulletins partout en France, car, comme les affiches, ils sont à la charge des partis.

Des affiches manquantes dans certaines communes

Si bien que certaines listes ne pourront pas être visuellement présentes dans toutes les communes de France, sur un des trente-quatre panneaux officiels de l'élection.

"On n'a pas eu les moyens de fournir les près de 75.000 affiches pour fournir tous les panneaux officiels de campagne électorale", déclare Florie Marie, tête de liste du Parti Pirate, à BFMTV. "On va faire de notre mieux pour en poser dans les villes où on a des adhérents, où on a des militants, des gens qui voudront imprimer des affiches pour nous."

Comme d'autres, elle mise sur une campagne numérique, en demandant, par exemple, à ses électeurs d'imprimer leurs propres bulletins de vote, et de les ramener le jour du scrutin.

Des appels aux dons, même chez les "grosses" listes

En difficultés financières ou face aux refus de prêts des banques, d'autres partis, plus installés, ont tout de même dû lancer des appels aux dons de leurs militants, comme Génération.s de Benoît Hamon, ou Debout La France avec Nicolas Dupont-Aignan.

Même des partis estimés plus importants, tels que La France Insoumise et le Rassemblement National, proposent à leurs militants des prêts pour pouvoir financer leur campagne.

Salomé Vincendon