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Pour EELV, les propos de Placé "sont personnels et n'engagent que lui"

Les déclarations de Jean-Vincent Placé ont provoqué une onde de choc chez EELV et au PS.

Les déclarations de Jean-Vincent Placé ont provoqué une onde de choc chez EELV et au PS. - -

Les déclarations de Jean-Vincent Placé, qui s'est interrogé, vendredi matin, sur la participation effective des écologistes au gouvernement, divisent les Verts.

Malaise général après les déclarations de Jean-Vincent Placé, notamment chez Europe Ecologie-Les Verts. Tôt vendredi matin, le président du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé, a rué dans les brancards, au micro de Radio Classique, en affirmant, au nom du parti écologiste : "Nous nous posons la question de savoir ce que nous faisons au sein du gouvernement".

Avant de justifier : "Depuis le virage post-rapport Gallois et les annonces très en faveur des entreprises sans contreparties et sans conversion écologique (faites mardi par Jean-Marc Ayrault), je suis moi-même de plus en plus perplexe quant à cette participation gouvernementale".

Les déclarations ont fait l'effet d'une bombe au sein du PS, qui n'a pas manqué de relativiser ces propos. En revanche, du côté d'Europe Ecologie-Les Verts, les avis divergent, entre soutien à Jean-Vincent Placé et malaise palpable.

EELV se dédouane des propos de Placé, mais reconnaît un manque d'écoute

Clairement, le parti écologiste a tenu, dès vendredi matin, à se dédouaner des déclarations du patron des Verts au Sénat. Ces propos "sont personnels et n'engagent que lui", a ainsi déclaré Jean-Philippe Magnen, porte-parole d'Europe-Ecologie-Les Verts.

"Nos ministres font leur boulot", a-t-il estimé. "On ne se pose pas tous les matins la question de la participation au gouvernement. Nous ne sommes pas sur un strapontin, nous sommes légitimes. Nous avons fait le choix d'assumer une coalition avec nos convergences et nos divergences".

Jean-Philippe Magnen a toutefois souligné que sur les dossiers tels que "la compétitivité, la fiscalité écologique, l'économie", le parti de Cécile Duflot (Logement) et Pascal Canfin (Développement) ne s'estime "pas assez écouté". "Il faut rouvrir un espace de d'échange et de dialogue" sur ce sujet, a ajouté le porte-parole qui déplore une "vraie négligence de concertation".

Mamère ne veut pas passer cinq ans "à avaler des couleuvres"

Interrogé par BFMTV, le député EELV de Gironde, Noël Mamère, est allé dans le sens de Jean-Vincent Placé. "Je me suis posé des questions la semaine dernière, parce que je considère que la fiscalité écologique est une sorte de mot passe-passe pour les socialistes, mais qui n'a aucun contenu", juge-t-il.

"Ils s'exonèrent de toute politique écologique [...] une fois qu'ils ont parlé de transition écologique, mais cela ne suffit pas. Je pense qu'il faut des preuves, et les preuves, on les attendait dans le pacte de compétitivité [...]. Ils nous proposaient la fiscalité écologique en 2016, autant dire un enterrement de première classe".

Et Noël Mamère de conclure, après avoir évoqué le dossier de l'aéroport Notre Dame des Landes, sur lequel les élus Verts et socialistes divergent, et celui du traitement des sans-papiers : "Je ne me vois pas tenir cinq ans à avaler des couleuvres une fois par semaine !"


Rugy reconnaît des "troubles"

Plus tôt dans la matinée, le coprésident du groupe EELV à l'Assemblée nationale, François de Rugy, n'a pas soutenu franchement son confrère du Sénat, mais a reconnu un "certain trouble" dans son parti. Nous avons été surpris d'entendre que la fiscalité écologique ferait l'objet de réflexion pendant trois ans et ne serait mise en oeuvre qu'en 2016. Ce qui est incompréhensible et inacceptable, pour nous écologistes", a-t-il ainsi fait valoir sur France Info.

"Je pense que notre participation au gouvernement et la majorité n'a pas été faite à la légère, sur un coup de tête. Donc il n'est pas question pour nous de la remettre en cause tous les quatre matins", a-t-il ajouté, prenant ses distances avec les propos de Jean-Vincent Placé.