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Les Verts s'engagent, si nécessaire, à rembourser à l'Assemblée nationale les cotisations de Rugy

Emmanuelle Cosse, Cécile Duflot et François de Rugy, au Conseil fédéral d'EELV à Paris, le 5 avril 2014.

Emmanuelle Cosse, Cécile Duflot et François de Rugy, au Conseil fédéral d'EELV à Paris, le 5 avril 2014. - AFP - Alain Jocard

Embarrassés par l'une des révélations de Mediapart, les dirigeants d'Europe Écologie-Les Verts se disent prêts à rendre les cotisations de François de Rugy ponctionnées, supposément, sur son IRFM de député. Une pratique interdite depuis 1988.

À l'instar des caciques de La République en marche, ceux d'Europe Écologie-Les Verts cherchent à tout prix à se distancer des frasques de François de Rugy. L'une d'entre elles, révélée par Mediapart, éclabousse le parti dans lequel l'ex-ministre de la Transition écologique et solidaire a fait ses armes.

En 2013 et 2014, l'intéressé aurait payé sa cotisation à EELV en en piochant une partie dans son indemnité représentative de frais de mandat - celle dont il a disposé en tant que député de Loire-Atlantique pendant plus d'une décennie. Cette pratique est interdite depuis 1988, l'IRFM (devenue en 2017 AFM, avance pour frais de mandat) n'étant pas un revenu mais un remboursement prévisionnel de dépenses liées à la fonction parlementaire. 

Traçabilité difficile

Pour se parer contre d'éventuelles retombées négatives, les écologistes seraient prêts à rembourser l'Assemblée nationale des 9200 euros versés indûment d'après Mediapart. Selon Le Parisien, le secrétaire national d'EELV David Cormand et le trésorier du parti, Thierry Brochot, vont envoyer un courrier au président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, pour "ouvrir un dialogue" sur ce dossier.

D'après une source interne interrogée par Le Parisien, il n'y aurait eu aucun moyen de vérifier la provenance exacte des cotisations en question. En clair, de savoir si elles étaient ponctionnées, pour tout ou partie, sur l'IRFM. Si les faits sont avérés, les dirigeants d'EELV - parti dont François de Rugy a claqué la porte en 2015 avec Jean-Vincent Placé - affirment qu'ils demanderont à l'ex-ministre de leur rembourser les cotisations litigieuses. 

Jules Pecnard