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Elkabbach répond à EELV : "Cécile Duflot a été traitée comme n’importe quel invité"

Cécile Duflot le 7 janvier 2015 à Paris.

Cécile Duflot le 7 janvier 2015 à Paris. - Martin Bureau - AFP

Le journaliste d'Europe 1 se défend de tout sexisme vis-à-vis de la leader d'Europe Ecologie-Les Verts après son interview dans Le Grand Rendez-vous, dimanche.

140: c’est le nombre de fois où Cécile Duflot, ancienne ministre écologiste du Logement, a été interrompue lors de l’émission Le Grand Rendez-vous, d’Europe 1-Le Monde et Itélé, dimanche 15 mars. Ce chiffre, c’est Julien Bayou, l’un des deux porte-paroles d’Europe Ecologie-Les Verts, qui l’a relevé en réécoutant l’émission. Scandalisé par l’interview, il décidé d'envoyer une plainte au CSA.

Dans ce courrier, que BFMTV.com a pu consulter, il pointe la "question de la parité" dans l’équipe de l’émission, ainsi que "le dénigrement des idées écologistes" par les journalistes, dont les questions sont "orientées, assorties de remarques acerbes et commentaires sarcastiques". Enfin, il dénonce le "traitement scandaleux réservée à l’invitée", interrompue "toutes les vingt secondes en moyenne, dénigrée et tournée en dérision plus de dix fois." Et l’écologiste de fustiger "les qualificatifs qu’il est d’usage (machiste) de ne réserver qu’aux femmes politiques qui serait forcément caractérielles, narcissiques ou véhémentes par exemple, quand un homme ferait lui montre de persévérance, d'assurance ou d'audace".

Cécile Duflot se désolidarise de la plainte

Une plainte peu appréciée par Jean-Pierre Elkabbach. "Je suis surpris et révolté, d’autant que Cécile Duflot nous a chaleureusement remerciés après l’émission. Nous l’avons traitée comme chaque invité, homme ou femme. En 2015, je ne comprends pas qu’on aille pleurnicher devant le CSA, qui a bien mieux à faire (…)", répond le journaliste sur Europe 1. Mais surtout, il révèle que lundi, Cécile Duflot a appelé le directeur de la station, Fabien Namias, pour lui expliquer que la plainte ne venait pas d’elle mais des "Verts les plus radicaux".

"J’assume", répond Julien Bayou, qui confirme avoir alerté le CSA sans en avoir informé Cécile Duflot au préalable. "Je l’ai prévenue après coup, elle m’a dit de préciser qu’elle n’en était pas à l’origine". Mais le porte-parole d’EELV se défend de toute "Duflot-lâtrie": "je l’aurais fait pour n’importe qui", affirme-t-il. "L'émission a ulcéré tout le monde dans le parti. Et pourtant, on est habitués à être dénigrés..." Julien Bayou attend désormais une réponse du CSA: "et si on me dit qu’il n’y a pas de problème de parité, alors c’est sur le CSA qu’il faudra se poser des questions".

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV