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Ce qu'il faut retenir du débat entre les candidats à la primaire écologiste

Les candidats à la primaire écologiste se sont opposés lors d'un débat jeudi soir.

Les candidats à la primaire écologiste se sont opposés lors d'un débat jeudi soir. - Capture d'écran BFMTV

Les quatre candidats à la primaire écologiste se sont affrontés ce jeudi lors du deuxième débat organisé en vue de cette échéance et diffusé sur BFMTV. Pendant deux heures, ils ont exposé leurs points de vue sur quatre grands thèmes. Voici ce qu'on peut retenir de ce débat où régnait le consensus.

A une dizaine de jours du premier tour de la primaire écologiste pour la présidentielle, qui se tiendra le 17 octobre, les quatre candidats se sont opposés lors d'un débat diffusé ce jeudi sur BFMTV.

Il y avait sur le plateau Cécile Duflot, 41 ans, ancienne ministre du Logement et ex secrétaire nationale d'EELV; Michèle Rivasi, 63 ans, farouche militante anti-nucléaire, fondatrice de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) et eurodéputée; Karima Delli, eurodéputée de 37 ans, issue d'une famille de 13 enfants du Nord de la France et benjamine de la course à la primaire; et enfin Yannick Jadot, 49 ans, ancien de Greenpeace proche du milieu associatif, élu au Parlement européen lui aussi.

 Un débat majoritairement consensuel

Malgré des profils très différents et quelques échanges parfois tendus, ce qui ressort de ce débat est tout d'abord un consensus sur les questions majeures. Dans le détail, voici les propositions et les déclarations à retenir, sur les principaux thèmes abordés. 

Sur l'emploi: priorité à la transition énergétique

Sur les questions d'économie et d'emploi, les candidats ont insisté sur la nécessité d'une transition énergétique, "un changement en profondeur", pour Cécile Duflot. "On a les moyens et on a les exemples", a renchéri Michèle Rivasi, qui a appelé à une réindustrialisation de la France. "On est en train de tuer le service public de l'énergie par notre obsession nucléaire", a dénoncé Yannick Jadot. 

  • Karima Delli a plaidé en particulier pour le revenu de base, qu'elle fixerait à 1.000 euros, et qui, pour elle, ne représente pas un coût, mais "un investissement". Cécile Duflot, elle, a défendu la même idée, en particulier pour les jeunes, les agriculteurs, les retraités et les chômeurs en fin de droits.

Un appel à la tolérance sur le vivre ensemble

C'est sur la question du voile et du burkini en particulier que les candidats se sont montrés d'accord. Surtout les trois candidates, guidées par leurs convictions féministes et appelant à la tolérance. 

"Si une femme décide de porter le voile et qu'elle respecte le droit commun, elle peut être féministe", a réagi Karima Delli, répondant à la question de Ruth Elkrief, qui leur demandait si le port du voile et du burkini et le féminisme étaient compatibles. 

  • "Nos grands-mères, elles avaient un foulard", a rappelé pour sa part Michèle Rivasi, qui s'est opposée à l'interdiction du voile à l'université, appelant les Français à ne pas se sentir "supérieurs" par rapport aux autres cultures.

"Quand une femme vous dit qu'elle fait ça car elle a le sentiment de respecter sa foi (...) moi, qui je suis pour juger?", a interrogé Cécile Duflot, insistant sur la nécessité de ne pas "émanciper de force" les femmes. Yannick Jadot, lui, a appelé à plus de sérénité sur ces questions et à "sortir de l'hystérie". 

Sur la question de l'accueil des migrants, Yannick Jadot a insisté sur l'importance d'organiser cet accueil, afin de répondre aux inquiétudes des Français. "Si on l'organise, les opinions publiques seront généreuses", a-t-il estimé. Michèle Rivasi s'est quant à elle emportée contre Laurent Wauquiez. Le président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a appelé les maires à désobéir au préfet si celui-ci leur demandait d'accueillir des migrants. "Il devrait être fiché S!", a-t-elle lâché. Karima Delli a regretté pour sa part que les Accords du Touquet n'aient pas été renégociés. 

Une même vision de l'écologie

Tous les candidats ont dénoncé la pollution atmosphérique et appelé à réduire la place des voitures en ville. Malgré son amour de l'automobile, Cécile Duflot a insisté sur sa décision de "prendre des mesures fortes" pour faire face aux problèmes de santé liés à la pollution de l'atmosphère.

Même adhésion à la question de la piétonnisation des voies sur berge à Paris, les candidats appelant à renforcer les transports en commun. Même fermeté enfin, envers le diesel, un des grands responsables de la pollution dénoncée par les écologistes. "Je propose un plan de sortie du diesel des usines d'ici 2022", a par exemple avancé Karima Delli. 

  • Crispation autour de l'écologie politique

C'est sur la question de l'écologie politique que les dissensions se sont fait entendre. Yannick Jadot a par exemple reconnu qu'il ne croyait pas à une présidence écologiste en 2017, alors que Karima Delli s'est dite "prête". Yannick Jadot a aussi regretté un "gâchis" dans la politique écologiste de ces dernières années, une stratégie "illisible" de la part d'EELV, et Michèle Rivasi un "manque de cohérence".

Cécile Duflot, qui a fait partie du gouvernement critiqué, et qui était donc visée par ces critiques, a dit quant à elle "assumer", y compris "des erreurs", et des "moments de gestion interne compliqués". 

Charlie Vandekerkhove