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Éric Dupond-Moretti: la présomption d'innocence, "les Français ont beaucoup de mal avec ça"

Éric Dupond-Moretti à Paris le 17 juillet dernier.

Éric Dupond-Moretti à Paris le 17 juillet dernier. - LUDOVIC MARIN

Le ministre de la Justice a balayé d'un revers de manche, ce dimanche soir, les accusations de sexisme qui pèsent sur lui depuis sa nomination.

Le nouveau garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, pointé du doigt depuis sa nomination pour certains propos et positions polémiques sur les droits des femmes, s'est défendu de tout sexisme. Invité de France 2 ce dimanche soir, le ministre de la Justice s'est décrit comme "féministe" et a une nouvelle fois pris la défense du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, visé par une enquête pour viol.

"Ça concerne tout le monde la présomption d'innocence", a répété Éric Dupond-Moretti, assurant que "les Français ont beaucoup de mal avec ça".

"La justice ne se rend pas sur les réseaux sociaux, la toile ne peut pas être le réceptacle de ces plaintes et il a pu arriver que des hommes soient accusés à tort", a déploré le ministre. "Je ne veux pas vivre la moralisation comme on la voit aux Etats-Unis, je veux qu'un homme puisse prendre un ascenseur avec une femme."

Le féminisme "est dévoyé quand il est excessif"

Le garde des Sceaux, à qui il est notamment reproché sa position sur la création de l'infraction d'outrage sexiste, a répété être partisan de la cause féministe.

"On est allé sortir deux ou trois phrases de leur contexte. Le féminisme, c'est une très grande cause, mais il est dévoyé quand il est excessif. Voilà ce que j'ai dit: je suis pour une égalité absolue entre les hommes et les femmes, notamment sur le plan salarial", a-t-il affirmé sur le plateau de France 2.

"J'ai dit que #MeToo avait libéré la parole de la femme et que c'était un bien, j'ai dit aussi qu'il fallait absolument, et je l'ai écrit, permettre aux femmes les plus timorées de dire les choses. J'ai dit qu'il fallait condamner les salauds qui se tenaient mal avec les femmes", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la possibilité qu'il puisse orienter l'enquête visant Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti a assuré qu'il s'agissait de simple "fantasmagorie". "Les films en noir et blanc où on voit le garde des Sceaux qui appelle le magistrat, tremblant, pour lui dicter telle ou telle chose, c'est interdit", a-t-il rétorqué.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV