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Emplois familiaux: hypocrisie ou exemplarité ?

L'interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires divise encore les députés, qui ont jusqu'au 15 décembre pour licencier leurs époux et enfants embauchés comme attachés.

À l'heure de mettre en application l'interdiction des emplois familiaux, certains députés restent amère. Les représentants de la nation ont jusqu'au 15 décembre pour licencier leurs époux et enfants embauchés comme attachés parlementaires. Parmi eux, Claude Goasguen, député Les Républicains de Paris, n'a pas encore engagé la procédure nécessaire:

"On trouve ça injuste, on n’aime pas être considéré comme quelqu’un de malhonnête", explique-t-il à BFMTV.

"Suspicion et discrédit"

"Je crois qu’il faut s’inscrire dans une logique de transparence, d’exemplarité, et de bonne gestion de l’argent public", réplique sur notre antenne la députée LaREM des Hauts-de-Seine Laurianne Rossi.

"La suspicion et le discrédit ont été jeté sur l’Assemblée ces derniers mois et ces dernières années. Je crois qu’il nous fallait légiférer par respect pour nos concitoyens", défend le questeur de l'Assemblée nationale. 

L'ancien député Les Républicains Bernard Debré estime néanmoins que la loi de moralisation de la vie publique n'a pas choisi le bon angle d'attaque pour résoudre le problème. 

"Les emplois fictifs sont absolument scandaleux", insiste le conseiller de Paris, qui s'interroge cependant: "Pourquoi interdire qu’on emploie sa fille, son fils, sa femme, s’ils ont les diplômes nécessaires et font un travail effectif ?"

"Il y a une discrimination à l’embauche. Vous êtes fils de : vous n’avez pas le droit de venir à l’Assemblée. Il fallait faire une loi pour surveiller ce que font les attachés parlementaires, pour vérifier qu’ils travaillent bien."

Emplois croisés

Bien que Laurianne Rossi rappelle "qu'aucune majorité n'avait agi avec autant de volonté", l'emploi de frères, sœurs et cousins de députés reste autorisé. En outre, la pratique des emplois "croisés", consistant à faire travailler l'enfant ou l'époux d'un autre parlementaire, donnera lieu selon Bernard Debré à "des magouilles un peu limite".

"Pour les emplois croisés, la déontologue devra veiller à l’effectivité du travail accompli", riposte l'élue de La République en marche. 

Une véritable gageure, puisqu'il s'agit de surveiller tous les collaborateurs des 577 députés. 

Louis Nadau avec Mélanie Vecchio et Tris Acatrinei (Projet Arcadie)