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Punir les fake news: un projet ambitieux aux allures de casse-tête

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Le chef de l'Etat entend lutter contre la diffusion de contenus mensongers, particulièrement en période de campagne électorale. Une mesure qui interroge.

Peut-on vraiment lutter contre les fake news? Emmanuel Macron veut en tout cas en faire un de ses chevaux de bataille. Mercredi, lors de ses voeux adressés à la presse - une première depuis 2014 -, le Président a annoncé la présentation prochaine d'un texte de loi pour lutter contre la diffusion de fausses nouvelles en période électorale.

Transparence accrue pour les plateformes, saisie d'un juge en référé pour supprimer un contenu, fermeture de certains comptes utilisateurs, un plus grand rôle du CSA… Le chef de l'Etat a détaillé quelques-unes des mesures que comportera ce projet de loi. S'il assure vouloir intégrer les journalistes à sa réflexion, il en a néanmoins appelé à leur responsabilité.

"La démarche de Reporters sans frontières (RSF) d’inventer une forme de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît souhaitable", a-t-il par exemple suggéré.

"La loi appelle l'éducation"

Pour l'éditorialiste Christophe Barbier, la loi "peut avoir un effet dissuasif, un effet exemplaire".

"La loi appelle l'éducation. Les utilisateurs, ceux qui répandent des fake news, ne pourront pas ignorer que c'est interdit, ne pourront pas ignorer qu'ils risquent gros en continuant à héberger ou à diffuser. C'est important d'aller dans le chemin de la loi", analyse-t-il ce jeudi matin sur notre antenne.

Pourtant, l'idée de légiférer sur les fake news n'est pas du goût de tous. Pendant la campagne électorale, certaines fausses nouvelles et rumeurs ont en effet été relayées par des médias comme RT ou Sputnik, qu'Emmanuel Macron a vivement critiqués pendant sa campagne. Comment décider de la crédibilité de certains médias, comment en certifier certains et non d'autres?

"Il n'est pas question bien évidemment de mettre un terme à la liberté et à la presse d'opinion", assure ce jeudi matin Benjamin Griveaux sur BFMTV et RMC.

"Qui va décider ce qu'est une fausse nouvelle?"

"Il n'est pas question de faire taire les oppositions, les critiques. Qu'en revanche, on puisse disposer d'informations fiables et sourcées pour avoir un débat serein, ça me semble indispensable", avance le porte-parole du gouvernement.

"Le problème est que saisir un juge en disant 'voilà, ça ça me paraît être une fausse nouvelle', qui va décider que c'est une fausse nouvelle? L'individu qui la reçoit, mais à ce moment-là on peut fantasmer tout ce qu'on veut, ou bien le juge, mais est-il équipé ou peut-il le faire? Ça pose un vrai problème de censure ou d'autocensure", analyse pourtant Patrick Eveno, spécialiste de l'histoire des médias et président de l'Observatoire de la déontologie de l'information.

"Il faudra bien vérifier que le texte de la loi cible les mensonges", concède Christophe Barbier. Pour le moment, ce texte n'en est qu'au stade de discussions. Benjamin Griveaux évoque une première version "d'ici quelques semaines, quelques mois, probablement avant la fin de l'année.
Liv Audigane