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Opération séduction de Macron face à 2000 maires en colère

Le chef de l'Etat a reçu ce mercredi soir de l'Elysée plus de 2.000 maires venus des quatre coins de la France dans l'espoir de "renouer le dialogue avec l'Etat".

Emmanuel Macron s'est exprimé face à 2.024 maires de France à l'Élysée ce mercredi soir, alors que l'Association des Maires de France (AMF) lui a adressé leurs doléances à l'Elysée dans un communiqué publié ce mercredi. Dans un brouhaha permanent en raison des conversations parallèles des maires entre eux, le chef de l'Etat s'est prêté à une séance de questions-réponses pour convaincre. Un exercice qui n'est pas sans rappeler les meetings de campagne et où, le chef de l'Etat est apparu à l'aise. Reste à savoir s'il a su convaincre. 

Les maires l'ont donc interpellé sur des sujets divers et variés, parmi lesquels les budgets de leurs collectivités, les déserts médicaux, l'égalité femmes-hommes, la fracture entre les villes et les territoires ruraux ou encore la question migratoire.

"Je sais que votre quotidien n'est pas facile, celui du gouvernement ne l'est pas non plus, je vous rassure" a-t-il lancé dans la salle noire de monde, puis ajoutant "nous sommes de vrais populistes, nous sommes avec le peuple". "Je ne suis pas heureux quand je lis les sondages et les retours d'inquiétude qu'il peut y avoir" a ensuite déclaré le chef de l'Etat. "Comme vous je ressens beaucoup d'attentes, c'est le symptôme d'un mal-être collectif. Ce que l'on fait n'est pas toujours compris mais il ne faut rien céder à un vent mauvais qui veut que la faute viendrait forcément à l'élu."

Les maires de France ce mercredi soir à l'Elysée.
Les maires de France ce mercredi soir à l'Elysée. © BFMTV

"J'entends toutes les colères"

Sur la question des carburants et de la transition énergétique qui agite le mouvement des gilets jaunes depuis ce week-end, le président a martelé qu'il "entendait toutes les colères". Une nouvelle fois, il s'est dit conscient que celle-ci "engendrait des tensions et des angoisses dans notre société". Mais "il y a une trajectoire parfaitement assumée", "nous avons un défi collectif, ça ne peut pas être l'immobilisme" a-t-il réitéré, "il faut mieux expliquer les choses, le cap commun et partager la contrainte".

Sans le citer, Emmanuel Macron a évoqué le mouvement des gilets jaunes et appelé les élus, les médias et autres intellectuels à "l'esprit de responsabilité", mettant en garde contre la "fascination morbide pour la colère".

Le président avait cette année décidé de ne pas se rendre au congrès des maires de France, où il avait été fraîchement accueilli l'an dernier. C'est Édouard Philippe qui clôturera le congrès jeudi. 

Jeanne Bulant