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Les moments forts du discours de François Hollande au Panthéon

Dans son discours prononcé mercredi pour l'entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette, François Hollande a fait de nombreux aller-retours entre le passé et aujourd'hui et fait un clin d'œil au discours d'André Malraux 50 ans plus tôt.

"La France a rendez-vous aujourd’hui avec le meilleur d’elle-même." C'est par ces mots que François Hollande a entamé mercredi son discours prononcé en l'honneur de l'entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette.

"Ils sont quatre à entrer aujourd'hui dans le monument de notre mémoire nationale. Ils sont quatre admirables sans avoir voulu être admirés. Quatre histoires qui donnent chair et visage à la République en en rappelant les valeurs", a prononcé le chef de l’Etat dans un discours qui visait autant à rappeler l'Histoire et qu'à s'inscrire dans l'Histoire.

En dressant les portraits de ces quatre résistants, le président de la République a fait de nombreuses références à l'actualité et s'est adressé à la jeunesse. 

"Ces haines reviennent"

Dans ce discours pour lequel il a travaillé avec des historiens, ses collaborateurs, ses plumes habituelles ou encore Jack Lang, François Hollande a relié le sort de Jean Zay aux attentats du 11 janvier dernier.

"70 ans après, ces haines reviennent avec d'autres figures, dans d'autres circonstances mais toujours avec les mêmes mots et les mêmes intentions. Elle frappe des innocents, des journalistes, des juifs, des policiers. C'est pour conjurer cette résurgence funeste que les Français le 11 janvier se sont levés", a lancé François Hollande

"Cette jeunesse réclame aujourd’hui qu’on lui fasse confiance"

François Hollande qui répète régulièrement que la jeunesse fait partie de ses priorités ne pouvait pas ne pas aborder ce thème dans ce discours qui cherchait aussi à redonner espoir.

"Pour Pierre Brossolette, c’est la jeunesse combattante qui avait, disait-il, effacé les rides qui fanaient les visages de la patrie, qui avait essuyé les larmes d’impuissance, qui avait racheté les fautes dont le poids la courbait'", a dit François Hollande.

"Cette jeunesse réclame aujourd’hui qu’on lui fasse confiance", a-t-il poursuivi. "Si l’intégration connaît des ratés, ce n’est pas la faute de la République, c’est faute de République", a-t-il lancé

Que ferait Germaine Tillion aujourd'hui?

François Hollande a rappelé ces mots de Germaine Tillion: "Il n’existe pas un peuple qui soit à l’abri d’un désastre moral collectif ".

"Aujourd’hui Germaine Tillion serait dans les camps des réfugiés qui accueillent les exilés de Syrie et d’Irak. Elle appellerait à la solidarité pour les Chrétiens d’Orient. Elle se serait mobilisée pour retrouver les filles enlevées par Boko-Aram. Elle s’inquièterait du sort fait aux migrants", a-t-il imaginé, reliant ses combats aux problématiques que doit affronter le monde en 2015.

"Prenez place"

François Hollande a conclu son discours par un clin d'œil au "Entre ici, Jean Moulin", lancé par André Malraux en 1964.

"Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Jean Zay; Prenez place", a-t-il proclamé. "Prenez place, c’est la vôtre", a-t-il conclu.