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Panthéon : les amalgames de François Hollande entre le passé et le présent

Pour l'entrée au Panthéon des quatre résistants, François Hollande a voulu saluer "quatre histoires qui donnent chair et visage à la République en en rappelant les valeurs". Mais avec des mots pour parler du passé le président de la République a aussi fait le plein d'amalgames pour évoquer la France et le monde d'aujourd'hui.

Un discours sur l'Histoire et un discours pour l'Histoire. Voilà ce que souhaitait le chef de l'Etat avec la célébration de ce mercredi et l'entrée au Panthéon des résistants Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette. Mais les références à l'actualité ont été nombreuses de la part de François Hollande, qui n'a pas hésité à enchaîner les amalgames entre passé et présent. 

"Soixante-dix ans après, les haines reviennent avec d'autres figures mais avec les mêmes intentions", a-t-il lâché face au Panthéon, ciblant le danger terroriste de l'Etat islamique, à la lumière des résistants qui ont lutté contre le régime nazi.

Selon lui, "aujourd'hui, Germaine Tillion serait dans les camps de réfugiés d'Irak et de Syrie", a-t-il considéré au sujet de l'ethnologue emprisonnée au camp de Ravensbrück. "Elle s'inquiéterait du sort des migrants en Méditerranée", a poursuivi le chef de l'Etat. Ajoutant: "Elle appellerait à la solidarité pour les Chrétiens d’Orient. Elle se serait mobilisée pour retrouver les filles enlevées par Boko-Aram."

La réforme, toujours la réforme

Dans son discours, le chef de l'Etat a aussi mis dans son viseur "l'indifférence". "Cette maladie moderne", a-t-il considéré, hier comme aujourd'hui. "Ne pas plier, ne pas se replier, c'est l'esprit de résistance", a martelé François Hollande. "L’indifférence voilà l’ennemi contemporain et anonyme. Indifférence face au fanatisme, au racisme, à l’antisémitisme. Indifférence face aux inégalités, aux injustices, aux indécences."

Mais il a aussi défendu une notion qui lui est habituelle: la réforme. Rendant hommage à Jean Zay comme à Pierre Brossolette, il a souligné le besoin de réforme pour le pays. Sur le premier, il a salué son "audace réformatrice". Quant au second, François Hollande a souligné qu'il "a appelé à la réforme, à l’audace, au renouvellement". "Il demandait une République moderne. La tâche n’est pas finie. Nous devons la mener 'jusqu’au bout' pour un Etat simplifié, pour des territoires équilibrés, pour des procédures modernisées", a poursuivi le président de la République. "Réformer, pour ne rien refermer. Réformer pour progresser. Réformer pour avancer."

Enfin, comme une réponse aux récentes polémiques autour du livre d'Emmanuel Todd, Qui est Charlie?, qui visait à rompre l'unanimisme autour du 11-Janvier, le chef de l'Etat a estimé que "tous n'étaient pas là le 11 janvier, mais la marche était pour tous". Un discours sur le passé, mais qui fait écho aux mois à venir, campagne présidentielle comprise.

https://twitter.com/ivalerio Ivan Valerio Rédacteur en chef BFMTV