BFMTV

Le périple mémoriel, une semaine semée d'embûches pour Macron

La semaine de déplacements sur le terrain que vient de vivre Emmanuel Macron pour les commémorations de la Première guerre mondiale s'apparente à un vrai chemin de croix pour le chef de l'Etat. Son périple a été émaillé de cris de colère des Français sur le pouvoir d'achat et la hausse du prix des carburants.

La colère sociale s'invite dans le périple mémoriel d'Emmanuel Macron. Depuis le début de la semaine, les Français n'ont cessé d'interpeller le président sur le pouvoir d'achat, le maréchal Pétain ou encore la hausse des taxes sur le diesel et le montant des retraites.

A l'occasion de ce voyage de célébration du centenaire de la Première guerre mondiale, le président a multiplié les bains de foule et fait le grand écart entre les sujets mémoriels et les dossiers d'actualité.

Une semaine au contact

De fait, chaque déplacement l'a confronté à des expressions de colère. A Verdun mardi, Emmanuel Macron s'est trouvé face à un homme l'exhortant à écouter "la colère des Français qui monte" sur la question des carburants, puis à une dame âgée lui faisant remarquer la faible hausse du minimum vieillesse. "Vous écrasez les gens", lui a notamment lancé l'homme qui l'interpellait.

Mercredi, le chef de l'Etat a de nouveau créé la polémique et suscité la colère du Crif et de plusieurs personnalités politiques en évoquant l'"hommage légitime" rendu au maréchal Pétain ce samedi aux Invalides.

Puis sa visite de l'usine Renault n'a pas fait exception. Le président y a été sèchement accueilli par des ouvriers. "Monsieur Macron, vous n'êtes pas le bienvenu ici (...) On réussit sans vous", lui a notamment crié un syndicaliste de SUD.

"J'ai été élu en me faisant secouer, et ça continuera jusqu'au bout"

Ce vendredi, le chef de l'Etat a même passé la porte d'un bar PMU près de Lens dans le Pas-de-Calais, où il a répondu aux questions d'une cinquantaine d'habitants sur la formation des jeunes, les retraites, le chômage et les prix des carburants, une semaine avant un appel à bloquer les routes le 17 novembre. Puis il s'est adonné à un nouveau bain de foule d'une trentaine de minutes, où il s'est fait interpeller sur le chômage.

"Il faut aller au contact de la colère. Il ne faut pas chercher à l'éviter, il ne faut pas chercher de réponse démagogique. Je sais contre qui j'étais au second tour", a déclaré le chef de l'État aux clients du Café de la Place, à Bully-les-Mines, où il s'était déjà rendu pendant la dernière campagne présidentielle.

Cette semaine, le président a multiplié les prises de parole, comme pour essayer de convaincre les Français du sens de sa politique. D'Europe 1 à la presse régionale, en passant par France 3 régions puis par CNN dimanche, Emmanuel Macron a accordé de nombreuses interviews. Et malgré la multiplication des invectives, Emmanuel Macron se montre inflexible et continue de défendre sa ligne politique.

"J'ai jamais pensé que c'était facile", a-t-il expliqué: "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout" a-t-il déclaré, s'estimant "heureux" de ce périple. "Je capte plein de choses, de messages, d'enseignements, je vois ce qui fonctionne, ce qui n'est pas compris, ce qui ne va pas assez vite dans ce qui est décidé".

Jeanne Bulant