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Le "ça va mieux" de Hollande parasité par les manifestation contre la loi Travail

Les raisons concrètes et économiques qui alimentent le "ça va mieux" de François Hollande, la formule-phare de cette fin de quinquennat, sont occultées par les manifestations contre la loi Travail.

"Ca va mieux". François Hollande voulait marteler cette formule avant une probable annonce de sa candidature dans les mois à venir pour vanter une amélioration sur le front économique. Mais, alors que la France connait des bonnes nouvelles, les Français sont eux inquiets. En cause, les manifestations contre la loi Travail et les risques de pénurie de carburants. Dans le dernier sondage Odoxa pour BFMTV, sept personnes sur dix réclamaient même le retrait du texte pour éviter un blocage du pays.

Pour les experts et autres analystes, les nouvelles concernant l'économie sont bonnes. En avril dernier, la vente de sous-marins par la France à l'Australie pour 34 milliards d'euros, suivie quelques heures plus tard d'une baisse du chômage, apportait de la crédibilité au discours du président de la République. Cette semaine, le scénario se répète avec une nouvelle commande pour le chantier naval STX France à Saint-Nazaire.

"Bordélisation de la CGT" 

Dans la même journée, le nombre de demandeurs d'emplois diminuait pour le deuxième mois consécutif, une première depuis cinq ans, confirmant, selon Myriam El Khomri, une reprise "de l'activité économique". "Depuis environ un an, la hausse du chômage a atteint un plafond, et depuis deux ou trois mois, le chômage est plutôt en train de baisser", analyse pour FranceTVinfo Henri Sterdyniak, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Autre bonne nouvelle, plus personnelle, François Hollande était désigné "homme d'Etat mondial" 2016 pour son oeuvre en faveur de "la paix et de la liberté".

"Le président de la République l'a dit et c'est vrai: ça va mieux! Ce n'est pas un mantra, c'est un constat", assurent même 23 parlementaires socialistes dans une tribune parue dans Le Monde.

"Ca va mieux", tout le monde se l'accorde même Barack Obama qui a repris, ce jeudi, le chef de l'Etat. "J'ai laissé mes droits d'auteur tout à fait libres», a même plaisanté François Hollande. Mais au soir de l'annonce de ces bons résultats, les Français se trouvaient eux, pour beaucoup, dans les files d'attente devant les stations-services. "Ce qui intéressait les Français mercredi soir, ce n'était pas les chiffres du chômage, mais s'ils allaient trouver de l'essence le lendemain pour aller travailler, confirme pour Le Figaro, le député PS Pascal Terrasse. Ce message du 'ça va mieux' est totalement annulé par la bordélisation de la CGT!"

Menaces sur l'Euro

Sauf qu'à l'heure actuelle, la crainte des Français n'est pas prête de s'estomper. Les journées de manifestations se succèdent, en attendant la grande journée de mobilisation du 14 juin. Une date qui n'a rien d'anodine alors que l'Euro viendra tout juste de débuter. Le syndicat SUD de la RATP a d'ores et déjà annoncé une grève illimitée à partir du 10 juin. "Pourquoi on fait dure le suspens? Le 10 juin, il y a l'Euro de foot qui commence, rappelle Jean-Luc Mélenchon. C'est ça l'image que l'on veut donner aux gens qui viennent, s'il le faut, on le fera."

En menaçant la compétition sportive, les syndicats mettent la pression sur le gouvernement et surtout sur François Hollande qui connait désormais sa date butoir. Lui le président de la synthèse doit trancher sur une potentielle réécriture de la loi au lendemain d'un nouveau couac entre Manuel Valls et Michel Sapin sur l'article 2 du texte. "Il y a l'Euro qui arrive bientôt, c'est le moment de sortir son sifflet et siffler la fin de la récréation et de se mettre autour d'une table, prévient Laurent Neumann, éditorialiste politique de BFMTV. 

J.C.