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La famille de Sophie Pétronin, otage au Mali, interpelle l'Élysée

Sophie Pétronin est apparue fortement affaiblie dans une vidéo

Sophie Pétronin est apparue fortement affaiblie dans une vidéo - JACQUES DEMARTHON / AFP

Sa famille désespère de ne pas voir avancer les recherches. Enlevée fin 2016, l'otage de 75 ans souffre du paludisme et d'un cancer.

Un neveu de la Française Sophie Pétronin, enlevée au Mali fin 2016, a demandé lundi à Emmanuel Macron "de ne pas laisser mourir (sa) tante là-bas" et de recevoir à l'Elysée la famille "de la dernière otage française détenue dans le monde".

"On ne peut pas laisser mourir quelqu'un comme ça", a déclaré Arnaud Granouillac, après avoir lancé un appel en ce sens sur France 3 Nouvelle Aquitaine. "On sait pertinemment qu'il n'y a rien qui se passe mais c'est surtout qu'il (Emmanuel Macron) ait la décence de nous recevoir comme toutes les autres familles d'otages", a-t-il ajouté.

Une "fin de non-recevoir" incomprise

Âgée de 75 ans, Sophie Pétronin "détenue dans le désert, sans soins depuis plus de 600 jours", souffre de paludisme et d'un cancer. "Sa santé se détériore de jour en jour", montre selon le neveu une vidéo apparue en juin, dans laquelle l'otage s'adressait à son fils Sébastien. La famille avait alors salué la vidéo comme une "preuve de vie", même si l'état de santé de santé de l'otage y apparaissait "fragile et précaire", selon le frère d'Arnaud Granouillac, Lionel.

"Ma tante est de nationalité française, née à Bordeaux", a souligné Arnaud Granouillac, et "on ne comprend pas du tout la fin de non-recevoir" de l'Elysée après "nos différentes demandes pour être reçue".

"On n'abandonnera jamais ma tante"

La famille demande des explications, a-t-il insisté, évoquant "des contacts informels avec le Quai d'Orsay". "Mais ça ne bouge pas (...) On sait très bien que M. Macron ne veut pas négocier mais qu'il ait au moins la décence de nous le dire en face". "On n'abandonnera jamais ma tante, et mon cousin n'abandonnera jamais sa mère ça il faut qu'ils en soient bien conscients", a-t-il une nouvelle fois assuré.

Le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, doit recevoir mercredi 29 août la famille de Sophie Pétronin. Un grand portrait de l'otage flotte sur la façade de l'Hôtel de Région à Bordeaux.

Elle aidait les orphelins locaux

Le 13 juillet dernier, Emmanuel Macron avait assuré que les services de l'État agissaient "sans relâche", avec une "inlassable volonté", pour retrouver l'otage. Sophie Pétronin dirigeait au Mali une association d'aide aux orphelins. Elle a été enlevée à Gao, dans le nord du pays, le 24 décembre 2016 par des hommes armés.

Aucun groupe n'avait revendiqué le rapt, jusqu'à ce qu'en juillet 2017, la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, diffuse une vidéo montrant six étrangers enlevés au Mali et au Burkina Faso entre 2011 et 2017. Dont Sophie Pétronin.

L.D., avec AFP