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L'ESSENTIEL - Hollande: "On va aller plus vite, plus fort"

François Hollande, le 6 mai, sur BFMTV et RMC

François Hollande, le 6 mai, sur BFMTV et RMC - -

Deux ans pile après sa victoire à la présidentielle, un peu plus d'un mois après avoir changé de Premier ministre, François Hollande était l'invité, ce mardi, de BFMTV et RMC. Au menu: son impopularité record, la lutte contre le chômage, la réduction du nombre de régions, et les élections présidentielles de 2017.

Deux ans jour pour jour après son élection à l'Elysée, François Hollande était l'invité mardi matin de BFMTV et RMC. Il s'agissait de sa première intervention radio-télévisée depuis sa troisième grande conférence de presse le 14 janvier dernier.

Pendant plus d'une heure, le chef de l'Etat a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin, puis à celles des auditeurs et téléspectateurs. Voici ce qu'il ne fallait pas manquer de cette interview:

# Le constat: "aucune indulgence des Français"

"Oui l'impopularité est là", a reconnu d'emblée François Hollande, notant qu'il n'y a "aucune indulgence" de la part des Français. Mais, "je demande à être jugé à la fin du quinquennat", a insisté le président de la République.

François Hollande a toutefois concédé de ne pas avoir "suffisament dit" que la situation économique "était grave" à son arrivée au pouvoir, il y a deux ans. Peut-il pour autant être taxé d'amateurisme? "Amateurisme quand il s'est agi de sortir de la crise de la zone euro? Amateurisme quand il s'est agi d'intervenir au Mali quand personne ne le faisait et que le terrorisme était en train de gagner la partie? Amateurisme quand il s'est agi d'aller en Centrafrique pour éviter un génocide? Amateurisme sur la crise syrienne quand j'ai été le seul chef d'Etat occidental à dire 'Attention, ce qu'on est en train de laisser faire, c'est un massacre'?. Je préfère prendre mes responsabilités et être jugé sur mes résultats", a répondu François Hollande.

# La mise au point: "pas de confusion vie privée - vie publique"

"Je n'ai jamais été dans la vulgarité ou la grossièreté dans ma vie privée", a ensuite insisté François Hollande interrogé sur l'affaire Closer. "Vous ne pouvez pas ici laisser penser que je n'aurais pas été digne", a-t-il jugé en référence à sa séparation avec la journaliste Valérie Trierweiler et à sa liaison avec l'actrice Julie Gayet. "La vie privée relève de la vie privée (...) et j'ai toujours respecté l'indépendance de la presse", a martelé le chef de l'Etat.

# Une nouvelle anaphore: "on va aller plus vite"

Comment le président de la République compte-t-il amorcer son an III? "Nous allons aller plus vite. On va aller plus vite sur la réforme territoriale...", " on va aller plus vite sur la simplification", "sur l'allègement du coût du travail, on va même aller plus vite sur les impôts qui doivent baisser dès cette année 2014, nous allons prendre une mesure supplémentaire pour les salariés modestes", car "le pays ne peut plus attendre", a insisté François Hollande.

"Nous devons aller encore plus vite parce que pour les Français, c'est insupportable, ils veulent des résultats", a lancé le chef de l'Etat dans une nouvelle anaphore.

# Le bon point: "tant mieux" si Manuel Valls est populaire

"Tant mieux" si Manuel Valls est populaire, a lancé François Hollande, qui a choisi son Premier ministre pour "sa compétence", mais aussi "sa popularité". "Tant mieux, je n'allais pas prendre un homme qui était jugé comme impopulaire ou comme incompétent..." Pour rappel: la cote du Président est plus basse que jamais, sous la barre des 20% de popularité, contrairement à Manuel Valls au-dessus des 50%.

# Le "retour sur" l'affaire Leonarda

François Hollande a également estimé que la question Leonarda, du nom de la collégienne rom dont l'expulsion vers le Kosovo avait créé la polémique en octobre dernier, était "réglée". "Il y avait un débat, y compris au sein du gouvernement. Cette famille avait été expulsée, à raison, le droit et la justice l'ont confirmé".

"Il y avait un doute, nous avons cherché une solution. La famille ne pouvait pas revenir, cette jeune fille avait été arrêtée là où elle n'aurait pas dû l'être. Elle avait sa soeur qui était en France, elle pouvait y venir. Elle ne l'a pas voulu, cette question est réglée", a-t-il encore commenté.

# Le commentaire: l'offre de GE sur Alstom "pas suffisante"

L'offre de General Electric pour le rachat de la branche énergie d'Alstom
n'est "pas suffisante aujourd'hui", a commenté François Hollande. "Aujourd'hui, nous avons suffisamment de moyens de pression pour faire en sorte que, à la fin du processus, ce soit bon pour Alstom, bon pour l'industrie française et bon pour la diversification énergétique", a-t-il jugé.

# L'annonce: un report des élections régionales en 2016

François Hollande envisage un report des élections régionales et cantonales de 2015 en 2016. "Si c'est 2016, ça permettrait d'avoir le temps. Je pense que ça serait intelligent de faire des élections régionales et départementales avec le nouveau découpage".

# La promesse: un texte sur le droit de vote des étrangers

Le texte législatif accordant aux étrangers non communautaires le droit de vote aux élections locales sera "de nouveau proposé" avant la fin du quinquennat, a promis le président de la République. "Je n'ai pas voulu introduire ce texte avant les élections municipales, parce qu'on nous en aurait fait le reproche. Ce texte sera de nouveau proposé", a-t-il insisté.

# Et après: Hollande pas candidat en 2017 si...

"Comment voulez-vous si j'ai échoué sur le chômage, que je puisse dire 'j'ai la solution pour la suite'?", a questionné le chef de l'Etat évoquant la présidentielle de 2017.

"Je vais me battre. Je suis dans le combat", a-t-il ensuite martelé, avant d'ajouter: "Ce n'est pas ma réélection, mais l'avenir de la France, qui me préoccupe". Enfin, François Hollande a exhorté les Français à "aimer" leur pays et à le "faire vivre": "parlez de la France, aimez la France, faites vivre la France, vous êtes la France".

>> Regardez l'intégralité de son interview:

|||sondage|||1849

Hélène Favier