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"Je ne crois pas à la police de l'Histoire" maintient Macron sur Pétain

Emmanuel Macron sur France 3 ce jeudi soir.

Emmanuel Macron sur France 3 ce jeudi soir. - -

Le président Macron a assuré jeudi soir sur France 3 qu'il n'avait jamais été question de rendre un hommage individuel au maréchal Pétain, mais qu'il s'agissait plus largement d'un hommage aux maréchaux de la Grande guerre.

Emmanuel Macron est revenu sur ses propos sur le maréchal Pétain ce jeudi soir à Notre-Dame-de-Lorette, dans une interview diffusée jeudi soir sur France 3 Grand-Est.

"Qu'ai-je dit au fond? Des choses simples, graves, qui sont la vérité historique" a insisté Emmanuel Macron, en jugeant "légitime" d'inclure Pétain, au nom de son rôle dans la Première guerre mondiale, dans un hommage rendu samedi aux Invalides aux chefs militaires de ce conflit.

"Personne ne m'en a parlé dans la foule, mais il y a des gens qui voudraient mettre des frontières partout" a encore déploré le président. "L'indignité de Pétain, la responsabilité de la France dans la déportation je l'ai reconnue et je le redis, mais il faut regarder la complexité de notre Histoire en face. Je ne crois pas à la police de l'histoire."

"Regarder la complexité de notre Histoire en face"

"Nous célébrons la victoire des armées, celle de 14-18, d'une nation mais aussi de nos armées" a réitéré Emmanuel Macron. "Il y a aura donc une célébration. Oui parmi nos maréchaux il y avait Pétain, c'est la vérité historique" a réitéré le chef de l'Etat.
"Il est évident que le même Pétain, héros de 14-18, a été un dirigeant terrible, qui a pris des décisions impardonnables qui lui ont valu l'indignité nationale" a-t-il poursuivi. "Et par cette indignité, il n'y aura pas d'hommage individuel, il n'en a d'ailleurs jamais été question depuis Chirac." 

"Je pense que le temps de l'information permanente qui a besoin de polémique quotidienne est mal approprié au sujet mémoriel" a déclaré Emmanuel Macron à l'encontre de la presse. Le président avait d'ores et déjà dénoncé "une fausse polémique", l'Elysée soulignant que la tombe du maréchal à l'île d'Yeu ne serait pas fleurie, contrairement à celle des sept autres maréchaux.

Jeanne Bulant