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"Hollande conserve une capacité de rebond"

François Hollande le 29 avril.

François Hollande le 29 avril. - -

Si le président est (très) bas dans les sondages, sa personnalité reste globalement appréciée par les Français après un an à la tête du pays, estime le sondeur Frédéric Dabi.

Arrivé il y a un an jour pour jour à la président de la République, François Hollande est-il condamné au désamour de ses administrés? Frédéric Dabi, politologue et directeur général adjoint de l'institut de sondages Ifop, qui interroge depuis un an les Français au sujet du chef de l'Etat, apporte des nuances. Voici son analyse.

Quelles que soient les études ou la question posée, François Hollande est au plus mal dans les sondages un an après son élection. Est-ce irrémédiable?

Il existe une déconnection entre la perception de l'action de François Hollande et sa personnalité. L’action est très mal jugée, selon un dernier sondage Ifop pour Europe 1, il n’y a que 21% de satisfaits mais rappelons qu’en 2008, ils n’étaient que 28% à soutenir la politique de Nicolas Sarkozy et sa personne suscitait le rejet.

Or ce n’est pas le cas pour François Hollande. Le président de la République garde une bonne image sur sa personne et est largement vu comme honnête et sympathique.

Que reprochent les Français à son action politique?

Il y a deux points principaux: de mauvais résultats au niveau économico-social et un doute sur sa capacité à faire face à l’ampleur de la crise. On lui reproche une inaptitude, non pas à incarner la fonction présidentielle, mais à expliquer son action dans une période propice aux doutes.

Pour autant, dans les différents sondages, les personnes interrogées jugent que l’opposition ne s’en sortirait pas mieux.

Qu’attendent les Français pour éventuellement réviser leur jugement?

Il y a un paradoxe à ce niveau. Il y a un jugement très sévère de l’ensemble mais quand on prend les mesures une à une, certaines comme les contrats générations, les emplois d’avenir ou la hausse de l’allocation rentrée scolaire, sont bien vues. Elles souffrent nénamoins d'un déficit criant de compréhension par les Français et, du coup, paraissent, à juste titre ou pas, inefficaces.

J’y vois un problème de communication globale encore une fois.

Les hommes politiques aiment l'image du capitaine, solide à la barre, le gouvernement est-il dans le même bateau que le chef de l'Etat?

Non il existe une capacité de rebond à ce niveau-là. Par exemple Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Pierre Moscovici, Michel Sapin ou Najat Vallaud-Belkacem conservent une cote de popularité importante.

L’exemple des hauts-fourneaux de Florange est typique car, si le gouvernement apparaît avoir pris la mesure du problème, le temps de décision a été long, celles-ci ont été floues et le message a été brouillé.

Depuis plusieurs jours, le mot d’ordre de la majorité est de valoriser le travail accompli depuis un an que ce soit à l’Elysée, à Matignon, dans les ministères ou à l’Assemblée nationale. Est-ce en l’occurrence une bonne communication qui pourrait s'avérer efficace?

Il y a deux logiques. D’abord celle de dire que l’héritage Sarkozy fut lourd à assumer et que la remise en ordre de l’Etat fut longue et difficile.

Ensuite, que, face à une situation économique difficile, la majorité travaille sans discontinuer. C’est une logique à moyen et long terme qui s’inscrit dans l’agenda du changement défendu par François Hollande.

Dimanche soir sur TF1, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a filé la métaphore du jardinier, celui qui sème sereinement, fidèle à son calendrier, ce n’est pas une mauvaise idée. Reste désormais à voir comment seront les récoltes…


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Propos recueillis par Samuel Auffray