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Grève: quand Emmanuel Macron va-t-il s'exprimer?

Le chef de l'Etat a salué la foule lors d'un footing au Touquet dimanche 1er avril.

Le chef de l'Etat a salué la foule lors d'un footing au Touquet dimanche 1er avril. - François Lo Presti - AFP

Pour l'instant, le chef de l'Etat reste silencieux et laisse Edouard Philippe s'exprimer sur la grève de la SNCF. Mais le premier anniversaire de son arrivée à l'Elysée approche.

Depuis l'annonce de la grève des cheminots, Emmanuel Macron a pris soin d'intervenir le moins possible. Sa seule prise de parole date du 19 mars dernier: il se trouve alors à Bruxelles pour un Conseil européen, et affirme que les contestations "ne sont pas de nature à conduire le gouvernement à revenir sur les engagements qui ont été pris durant la campagne et sur ce qui a d'ores et déjà commencé à être mis en œuvre (…) C'est normal qu'un pays qui conduit des réformes ait à faire face à des mouvements sociaux (…)".

En prenant la parole depuis Bruxelles, le Président montre qu'il observe ce qui se passe tout en observant une distance. Depuis, plus un mot – si ce n'est un symbolique "ne vous inquiétez pas" lancé à un passant du Touquet qui lui demande de "ne rien lâcher" sur la réforme de la SNCF.

Edouard Philippe en première ligne

Le chef de l'Etat laisse son Premier ministre s'exprimer sur le fond. Edouard Philippe a pris la parole mardi à l'Assemblée, disant entendre "autant les grévistes" que "ceux qui veulent aller travailler". Avant de souligner lors de son direct Facebook hebdomadaire que le format de grève deux jours sur cinq était "le plus perturbateur" et le plus "gênant" pour les usagers.

Emmanuel Macron prendra-t-il la parole à son tour? Selon Le Parisien, certains de ses proches réclament "une grande séance d'explication" pour "donner du sens sur les réformes". Mais l'occasion doit être étudiée de près. "Son silence montre sa détermination", affirme Christophe Barbier sur BFMTV. "Il ne se met pas dans la bataille pour pouvoir intervenir le jour où cela sera nécessaire".

Il distingue trois scénarios: si le mouvement s'aggrave, Emmanuel Macron pourrait intervenir pour demander à ce que chacun reprenne le travail. Ou bien la grève s'épuise, et le chef de l'Etat pourrait prendre la parole pour acter sa victoire. Enfin dernière possibilité: le conflit s'enlise, et à l'occasion du premier anniversaire de son élection, le chef de l'Etat s'adresserait aux Français pour dresser un bilan positif de sa première année de quinquennat. Il en profiterait alors pour inciter les grévistes à ne pas "gâcher" ce bilan par le mouvement de grève.

Ariane Kujawski