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Florange: boycotté par les syndicats, Hollande vante "ses engagements tenus"

François Hollande au siège d'ArcelorMittal à Florange, le 17 octobre 2016.

François Hollande au siège d'ArcelorMittal à Florange, le 17 octobre 2016. - Frederick Florin - AFP

Le président de la République est arrivé très discrètement sur le site d'ArcelorMittal ce lundi après-midi. Alors que beaucoup d'ouvriers considèrent la fermeture des hauts-fourneaux en 2013 comme une "trahison", lui fait valoir que ses promesses de campagne "ont été tenues".

François Hollande en catimini pour sa troisième visite à Florange depuis le début du quinquennat. Déstabilisé par des confidences explosives à des journalistes, le chef de l'Etat est arrivé lundi en toute discrétion sur le site des hauts fourneaux d'ArcelorMittal à Florange, en Moselle, où il est venu défendre son bilan.

Arrivé très discrètement peu après 15h30, dans un jeu du chat et de la souris avec les syndicats contestataires, le président de la République a salué les salariés, parmi lesquels de jeunes embauchés et des représentants de la CFDT et de la CFE-CFC, les deux syndicats majoritaires, dans le hall du bâtiment. Les journalistes ont été priés de rester à l'écart dans une salle aménagée au sous-sol du bâtiment.

Plusieurs centaines de mètres plus loin, la CGT avait rassemblé dès le matin quelques dizaines de militants pour dénoncer les "promesses non tenues" du président.

Boycotté par les syndicats contestataires

Mais le chef de l'Etat n'a croisé ni la CGT, ni FO, qui avait décidé de boycotter entièrement la visite présidentielle, ni Sud. Réagissant aux propos de François Hollande au groupe Ebra, Lionel Burriello, de la CGT, a expliqué que "la population active (...) ne se limite pas à Florange". "On oublie les sous-traitants, les prestataires. Ca fait 1.800 emplois dans la vallée de la Fensch", a ajouté le syndicaliste. La CGT a décidé de ne pas suivre le Président, a-t-il précisé. "On l'invite s'il veut venir débattre, mais pas dans ces conditions".

Force ouvrière a pris la position de boycotter, afin de "dénoncer" pêle-mêle la loi travail et "les engagements non tenus sur le maintien des hauts-fourneaux et la nationalisation du site". Ces deux syndicats avaient refusé de signer l'accord social conclu en décembre 2012 entre la direction et la CFDT et CFE-CGC.

Sur le parking de Metafensch, l'ancien héraut de la lutte de Florange, le syndicaliste CFDT et désormais eurodéputé Edouard Martin, a déminé une visite "qui n'a rien d'extraordinaire", et expliqué que l'accord de Matignon avait été respecté.

Venu expliquer que ses engagements "ont été tenus"

François Hollande était venu expliquer aux salariés qu'en dépit de la fermeture des hauts fourneaux en 2013, les engagements pris lors de la campagne présidentielle de 2012 "ont été tenus".

En 2013, "j'ai voulu l'engagement de reclasser l'ensemble des 629 salariés, grâce notamment à la formation. Tous les salariés concernés ont été reclassés sur le site de Florange. D'autres sont partis à la retraite", a expliqué le président de la République lors d'un discours à Uckange en fin d'après-midi. "Il n'y a eu aucun plan social, ni aucun licenciement". 

"190 millions d'euros d'investissements ont été promis, le même montant a été engagé sur le site de Florange", a-t-il fait valoir, ajoutant, "J'avais dit qu'il y aurait une loi empêchant qu'un grand groupe puisse abandonner un site sans chercher un repreneur. Elle a été votée."

"Une nationalisation partielle n'aurait eu aucun impact", a-t-il par ailleurs estimé lors de cette prise de parole à l'issue de la visite la plateforme publique de recherche industrielle MetaFensch, à Uckange.

"Hollande prend les gens pour des imbéciles"

Une version qui n'aura pas convaincu Walter Brocoli, ex-leader FO ArcelorMittal. "La vérité c'est qu'on ne veut plus voir François Hollande", a-t-il réagi sur BFMTV. "On continue de perdre des emplois à Florange, c'est ça la vérité".

Depuis le début de son quinquennat, François Hollande est venu à deux reprises à Florange, en septembre 2013 et novembre 2014, des déplacements chaque fois assez chahutés.

Violette Robinet avec AFP