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Dans ses voeux, Hollande accuse Fillon de vouloir "brutaliser la France"

Au cours de ses derniers voeux aux Français en tant que président de la République, François Hollande a évidemment évoqué l'échéance de la présidentielle 2017. En mettant en garde la droite, en général, et tout particulièrement François Fillon.

Des mises en garde, et un avertissement. Le président François Hollande s'en est pris au candidat de la droite François Fillon, accusé de vouloir "brutaliser la société", au cours de ce que sont ces derniers voeux aux Français en tant que président de la République.

Une allusion claire au candidat de la droite

"Dans à peine cinq mois, vous aurez, mes chers compatriotes, à faire un choix. Il sera décisif pour la France. Il en va de son modèle social auquel vous êtes attachés car il garantit l'égalité de tous face aux aléas de la vie et notamment la santé, il en va de ses services publics, essentiels, et notamment l'école de la République, là où beaucoup se joue", a dit le chef de l'Etat dans une allusion claire à François Fillon, qu'il a appelé à ne pas "brutaliser la société".

Une allusion à la volonté du champion de la droite de supprimer 500.000 emplois publics ou de couper dans les prestations sociales alors que François Hollande s'est érigé au contraire en gardien du "modèle social" auquel, a-t-il souligné, les Français sont "attachés car il garantit l'égalité de tous face aux aléas de la vie et notamment la santé".

Mais, dans le scrutin présidentiel, il en va surtout "de nos valeurs", a-t-il insisté. "La France, elle est ouverte au monde, elle est européenne, elle est fraternelle. Comment imaginer notre pays recroquevillé derrière des murs, réduit à son seul marché intérieur, revenant à sa monnaie nationale et en plus, en plus", a-t-il répété, "discriminant ses enfants selon leurs origines". "Mais ce ne serait plus la France !", a lâché François Hollande, critiquant, de fait, Marine Le Pen et le Front national, sans les citer.

"C'est vous, qui aurez le dernier mot"

S'adressant aussi à son propre camp, une gauche aujourd'hui très divisée, M. Hollande, qui a renoncé il y a tout juste un mois à briguer un second mandat, a appelé à "écarter la dispersion de certaines de nos forces politiques qui entraînerait d'ailleurs leur élimination" au soir du premier tour de la présidentielle.

"Mais c'est vous, quoi qu'il arrive, qui aurez le dernier mot. C'est pourquoi votre responsabilité est aussi grande", a-t-il lancé aux Français.

François Hollande a également prévenu que, "jusqu'au dernier jour de (son) mandat", il serait "pleinement à (sa) tâche".

Jérémy Maccaud avec AFP