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Sénatoriales: les 5 questions que vous vous posez sur l’élection

Le Sénat est renouvelé de moitié en 2017.

Le Sénat est renouvelé de moitié en 2017. - AFP

Comment élit-on un sénateur, et à quoi sert le Sénat ? Le parti d’Emmanuel Macron va-t-il gagner cette élection? Le point sur les sénatoriales du 24 septembre prochain.

Le Sénat, comment ça marche? En quoi influe-t-il sur les décisions? Alors que les grands électeurs s’apprêtent à renouveler la moitié du Sénat, retour sur ce scrutin qui pourrait, une nouvelle fois, modifier le paysage politique.

> Comment est élu un sénateur?

Le sénateur est élu pour 6 ans au suffrage universel indirect, par un collège de grands électeurs isssus des collectivités locales (communes, départements, régions). La moitié du Sénat est renouvelée tous les trois ans, et le mode de scrutin diffère selon le nombre de sénateurs à élire par circonscription. S’il y en a 1 ou 2, il s’agit d’un scrutin uninominal majoritaire à deux tours: le candidat ayant obtenu la majorité absolue et représentant au moins 25% des inscrits l’emporte - ou un second tour est organisé.

Dans les circonscriptions où 3 sénateurs ou plus sont à élire, c’est le scrutin proportionnel qui s’applique: les candidats sont répartis sur des listes, et les sièges sont répartis entre les listes selon le nombre de voix obtenues.

> A quoi sert le Sénat?

Moins médiatisé que l'Assemblée nationale, le Sénat est la deuxième chambre du Parlement, et la moins connue du grand public. Il t est pourtant essentiel: il représente les collectivités territoriales – communes, département et région. Comme l'Assemblée, il examine les projets et propositions de loi, les traités et les conventions internationales, mais avec un regard particulier sur tout ce qui concerne les intérêts des collectivités locales. Au contraire de l'Assemblée, il n'a pas le dernier mot… Mais cela ne l'empêche pas d'influer sur des décisions.

> Peut-il y avoir un raz-de-marée En Marche ?

Cette élection est importante pour Emmanuel Macron… Mais cette fois, le raz-de-marée d'En Marche risque de ne pas être celui escompté. Car traditionnellement, la majorité du collège électoral est composé de délégués nommés par les conseils municipaux. Or les dernières élections municipales ont été gagnées par Les Républicains. Et même si certains ont changé de parti pour suivre le chef de l'Etat, il y a peu de chances que la majorité bascule en faveur du parti d'Emmanuel Macron.

> Quelles conséquences aura le scrutin pour Emmanuel Macron?

Avec un Sénat majoritairement En Marche, Emmanuel Macron pourrait s’assurer une majorité confortable pour faire adopter les révisions de la Constitution annoncées pendant sa campagne. Pour cela, il a besoin des trois cinquièmes des suffrages exprimés par le Congrès - Assemblée et Sénat réunis.

> Quels sont les points à surveiller?

Les dissidences: dans plusieurs départements, les candidats de LR affronteront des candidatures dissidentes: c’est le cas de Gérard Larcher, patron du Sénat, qui affronte trois autres candidats de droite dans les Yvelines, ou encore de Roger Karoutchi qui en affronte quatre dans les Hauts-de-Seine.

Les groupes: si Pierre Laurent, tête de liste à Paris, devrait être réélu, il n’est pas certain du tout que le groupe communiste puisse toujours exister: sur 18 élus, 16 sont sur des postes renouvelables cette année. Le groupe écologiste a lui déjà disparu: composé de 10 membres, soit le minimum requis, il a été dissout lorsque l’un d’eux, André Gattolin, a choisi de rejoindre En Marche en juillet. Or sans groupe, les élus vont se voir privés de moyens financiers importants, ainsi que de temps de parole.

Les ministres: ils sont deux du gouvernement à se présenter aux sénatoriales: Jacqueline Gourault, ministre auprès de Gérard Collomb et sénatrice depuis 2001, et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics, placé en fin de liste et qui ne devrait donc pas être élu. Mais ces deux candidats peuvent être tranquilles: au contraire des candidats aux législatives, ils ne seront pas contraints d’abandonner leur portefeuille en cas de défaite.

Ariane Kujawski