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Régionales: "Les électeurs du FN votent pour des enjeux nationaux", affirme un sondeur

Un dernier sondage Odoxa pour BFMTV et Le Parisien, à deux jours du scrutin des régionales, place le Front national en tête des intentions de vote au premier tour. Gaël Sliman analyse les résultats de l'analyse que son institut a menée.

Dans un sondage Odoxa pour BFMTV et Le Parisien, le PS engrangerait seulement 22% des intentions de vote au premier tour des élections régionales dimanche prochain, contre 30% pour le FN et 29% pour Les Républicains.

Le Front national confirme ainsi sa percée des dernières semaines. Le président de l'institut Gaël Sliman analyse pour BFMTV les résultats de cette étude, la dernière avant le vote de dimanche.

On constate dans votre étude qu'au niveau national le Front national est en tête du premier tour des élections régionales. Comment l'analyser?

Le rapport de force est à l'avantage du FN en effet. Le parti de Marine Le Pen se situe même à un niveau exceptionnel pour lui de 30%. C'est symboliquement élevé et surtout ça positionne le Front national au-dessus des listes d'union de la droite (Les Républicains et UDI) et de gauche. Un point d'écart à droite, ça peut changer d'ici dimanche en tenant compte de la marge d'erreur, mais c'est un symbole. Quel que soit le résultat, ça signifie surtout que n'aurons jamais vu un FN aussi haut en France.

A l'inverse, la gauche, et notamment le PS est invariablement en troisième position. Quelle que soit la marge d'erreur. 

Ces résultats condamnent-ils pour autant la gauche?

Non. Avec un FN aussi haut, le second tour n'est pas aussi aisé qu'annoncé pour la droite. On a peut-être parlé un peu vite de tsunami bleu. Il existe une vraie possibilité que des régions restent à gauche alors que la liste ne sera que troisième à l'issue du premier tour.

Quel sera, selon votre étude, l'impact de l'actualité nationale dans ce scrutin et notamment l'après attentat de Paris?

Sur l'ensemble des Français interrogés, six sur dix assurent qu'ils voteront sur des enjeux strictement régionaux. C'est à la fois rassurant et en même temps il reste quatre autres qui voteront en fonction de critères nationaux (17% souhaitent par exemple "sanctionner François Hollande et le gouvernement", ndlr). Dans le détail, on constate surtout que le futur dirigeant de leur région importe peu à l'électeur FN, qui votera à plus de 60% pour des enjeux nationaux.

La rédaction