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Régionales 2015: le PS largement distancé au premier tour au niveau national

Le Front national va à nouveau profiter de votes de rejet des autres formations politiques.

Le Front national va à nouveau profiter de votes de rejet des autres formations politiques. - Alain Jocard - AFP

Dans un sondage Odoxa pour BFMTV et Le Parisien, le PS engrange 22% des intentions de vote contre 30% pour le FN et 29% pour Les Républicains. Le Front national confirme ainsi sa percée des dernières semaines.

Au soir du premier tour des élections régionales qui se déroule dimanche, la France devrait se couvrir d'un voile bleu, et même bleu marine. D'après un sondage Odoxa pour BFMTV et Le Parisien, le Front national devancerait, de peu, Les Républicains et ses alliés. Le grand enseignement de cette nouvelle étude est surtout le score que pourrait réaliser le Parti socialiste, qui, au niveau national, serait largement devancé.

30% des Français indiquent qu'ils voteront pour une liste Front national lors du premier tour de ce scrutin régional. Un score qui permet au parti de Marine Le Pen de devancer d'un petit point les listes soutenues par Les Républicains, l'UDI et le MoDem. Si la vague bleue se confirme, le duo de tête reste alors indécis tant l'écart entre les deux formations est infime.

Réserve de votes

Le Parti socialiste est donc relégué loin derrière, à la troisième place, et enregistre seulement 22% d'intentions de vote, et ce alors que le parti est sortant dans la quasi-totalité des régions. Toutefois, cette débâcle pourrait être limitée au second tour alors que la rue de Solférino dispose d'une belle réserve de votes. En additionnant tous les scores des listes de gauche, celle-ci recueille, au premier tour, 35,5% des suffrages.

Alors que François Hollande connaît une belle embellie dans les sondages depuis les attaques du 13 novembre, l'"effet attentat" ne profite pas au PS qui perd un point par rapport au dernier sondage Odoxa. Symboliquement premier, le Front national connaît lui, à l'inverse, une percée. Donné gagnant dans désormais six régions, selon un sondage Le Monde, le parti a gagné en moyenne quatre points par rapport aux précédentes études. Une remontée qui se fait au détriment des Républicains. 

Faibles votes d'adhésion

Si l'abstention va, à nouveau, être un enjeu du scrutin très important, une courte majorité (55%) des électeurs disent qu'ils vont voter pour une liste qui "peut améliorer les choses". Face à ce faible vote d'adhésion, 45% des sondés déclarent voter par rejet des autres formations, moins pour sanctionner François Hollande (17%) que par manque de confiance dans les autres partis (28%).

Dans le détail, les électeurs qui votent pour une liste dont ils partagent les idées sont moins nombreux au Front national. Encore une fois donc, le parti d'extrême-droite profite d'avantage des votes de rejet que le parti Les Républicains ou le Parti socialiste.

Enjeux nationaux

La motivation des citoyens pour se déplacer aux urnes dimanche pourrait également dépendre de l'enjeu qu'ils attribuent à ce scrutin. Même si 58% des sondés assurent qu'ils iront voter pour défendre une politique régionale, 4 Français sur 10 déclarent tout de même que leur vote sera influencé sur ce qu'ils pensent de la politique nationale. Un constat qui peut expliquer la probable déroute de la gauche, au moins au premier tour.

Dans le détail, la dimension régionale va motiver le vote de 68% des électeurs pour le PS et 61% pour Les Républicains, l'aspect national est primordial pour 60% des partisans du Front national. Ces données peuvent à leur tour expliquer que des candidats frontistes grimpent dans les sondages alors que les électeurs déclarent ne pas les connaître, comme en Normandie ou en Ile-de-France.

Justine Chevalier