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Régionales: avec la montée du FN, la gauche pourrait conserver la Normandie

Le conseil régional de Normandie pourrait bien rester entre les mains de socialistes.

Le conseil régional de Normandie pourrait bien rester entre les mains de socialistes. - BFMTV

Annoncée grande gagnante dans la Normandie réunifiée, la droite pourrait finalement se voir couper l'herbe sous le pied par la gauche, à seulement une semaine du scrutin, selon un sondage Odoxa pour BFMTV et Le Parisien.

Dure période pour Hervé Morin. La semaine dernière, le candidat de la droite pour les régionales en Normandie qualifiait l'Orne, un territoire qu'il brigue pourtant, de "trou du cul du monde". Mardi, la tête de liste de la droite a été l'auteur d'une nouvelle "morinade" en rencontrant quelques difficultés à placer les villes sur une carte de la région. Cette fois, c'est un sondage qui le donne perdant au second tour des élections régionales en Normandie, dont le premier tour a lieu ce dimanche.

D'après une étude Odoxa pour BFMTV et Le Parisien, au soir du premier tour de scrutin, le Front national et la droite seraient au coude à coude. Avec 30% des suffrages, Nicolas Bay, le candidat frontiste, pourrait devancer la tête de liste de l'UDI, soutenu par Les Républicains, Hervé Morin, qui obtiendrait 28% des voix. Le socialiste, Nicolas Mayer-Rossignol se placerait en troisième place avec 23% des suffrages.

Les intentions de vote au premier tour des régionales, en Normandie.
Les intentions de vote au premier tour des régionales, en Normandie. © BFMTV

Poussée du FN

Si l'ancien ministre de la Défense fait quasiment jeu égal avec le candidat du parti de Marine Le Pen, celui qui était annoncé grand gagnant dans cette région, dont la Haute et la Basse-Normandie sont actuellement dirigées par les socialistes, le second tour pourrait lui être fatal. En effet, le représentant du Parti socialiste disposerait d'une meilleure réserve de votes. Ainsi, Nicolas Mayer-Rossignol engrangerait 35% des suffrages contre 34% pour Hervé Morin et 31% pour Nicolas Bay.

"L'incertitude est totale pour le second tour, mais la poussée du FN pourrait bien(...) permettre à la gauche de conserver une région où son score aura pourtant chuté d'une vingtaine de points depuis les dernières régionales", commente Gaël Sliman, président d'Odoxa.

Une nouvelle fois, ce sondage montre un certain désintérêt des électeurs pour ces élections. Quand 46% des personnes interrogées disent ne pas connaître Hervé Morin, elles sont 64% pour Nicolas Mayer-Rossgnol et 67% pour Nicolas Bay. L'ancien ministre de la Défense pâtit, lui, d'une mauvaise presse alors que 30% des sondés disent avoir une mauvaise opinion de lui, contre 14% pour son adversaire de la gauche et 18% pour celui du FN.

Priorité pour l'emploi

Plus étonnant, près de la moitié des personnes interrogées ne connaissent pas le candidat de leur camp. Ainsi, 48% des sympathisants de gauche disent ne pas savoir qui est Nicolas Mayer-Rossignol et 42% des sympathisants de droite ne savent pas qui est Hervé Morin.

Par ailleurs, cette étude montre que la lutte pour l'emploi est la préoccupation première des Normands qui répondent à 64% ce thème comme priorité pour leur région, que ce soit pour les sympathisants de gauche ou de droite. Suit ensuite le développement économique (42%) puis, problématique chère au FN, la lutte contre le terrorisme (21%).

Enfin, à la question de savoir si les Normands sont satisfaits de la fusion entre la Haute et la Basse-Normandie, ils répondent "oui" à 64%.

Sondage réalisé par questionnaire en ligne entre le 27 et le 30 novembre auprès de 980 personnes inscrites sur les listes électorales selon un échantillon représentatif des habitants de la région de Normandie âgés de 18 ans et plus.

J.C.