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Régionales: les agents territoriaux craignent la fusion des régions

La région Paca va changer de majorité.

La région Paca va changer de majorité. - Boris Horvat - AFP

A l’approche du second tour des élections régionales, l’inquiétude grandit au sein de la fonction territoriale. Et le FN n’est pas le principal sujet de préoccupation.

A chaque élection son lot de départs, d’arrivées, et de changements hiérarchiques de toutes natures dans les institutions. Au lendemain du second tour des élections régionales, des changements de majorité vont ainsi s’opérer, certains devant faire leurs cartons tandis que d’autres prendront leur place. Et la prise d’une ou plusieurs régions par le FN ne devrait pas bouleverser un programme assez prévisible.

La percée historique du parti dirigé par Marine Le Pen au premier tour, bien qu’ayant été très commentée, ne constitue donc pas le principal souci des agents territoriaux. Ces derniers s’inquiètent surtout d’une décision prise par l’exécutif socialiste: la fusion des régions, effective le 1er janvier prochain, pourrait en effet bouleverser la vie de certains. "On n’a pas forcément de retour en ce qui concerne les élections régionales. En revanche, on perçoit une grosse inquiétude en vue de la fusion", confirme Didier Pirot, secrétaire fédéral FO. "Il y a beaucoup d’incertitudes, de problématiques liées à la mobilité…Un agent qui habite Limoges devra-t-il aller travailler à Bordeaux? Dans quelles conditions vont-ils pouvoir exercer leur métier?".

"Les mêmes inquiétudes concernant les candidats de droite"

Des craintes liées à la manière dont sera gérée la transition, donc, plutôt qu’une question d’idéologie. Et si le FN inquiète, ce serait plutôt à cause de son programme de réduction du nombre de fonctionnaires. "Son programme va clairement prolonger la politique d’austérité", avec le non remplacement d’une grande partie de fonctionnaires à la retraite, abonde Baptiste Talbot, secrétaire général de la section Service public de la CGT. "Mais on a exactement les mêmes inquiétudes en ce qui concerne les candidats de droite".

La réduction des effectifs, un phénomène qui sonne comme une fatalité. Car la baisse des dotations de l’État aux collectivités n’est pas sans conséquence sur le budget des régions. "Mais en mutualisant, on détruit la proximité du service public. On détricote le maillage territorial", prévient Didier Pirot. "Certains candidats en font des arguments électoralistes mais ce sont des décisions sociétales qu’ils devront assumer".