BFMTV

Paca: Philippe Vardon, identitaire et futur conseiller régional

Philippe Vardon, lors d'un meeting de Marion Maréchal Le Pen.

Philippe Vardon, lors d'un meeting de Marion Maréchal Le Pen. - Boris Horvat - AFP

L’ancien leader du mouvement d’extrême droite Nissa Rebella figure en bonne position sur la liste de Marion Maréchal Le Pen en Paca. Et, sauf retournement de situation, devrait faire son entrer au conseil régional.

Du haut de ses 35 ans, Philippe Vardon va bientôt pouvoir mesurer le chemin parcouru. L’ancien leader du mouvement identitaire Nissa Rebela va, sauf surprise, faire son entrée au conseil régional de Provence Alpes-Côte d’Azur. En cinquième position sur la liste de Marion Maréchal Le Pen, le Niçois a d’ores et déjà gagné son pari, puisque son premier mandat électoral lui offrira l’occasion de siéger aux côtés de son ennemi juré, Christian Estrosi.

Le Niçois est en effet en conflit ouvert avec le maire de la Ville. Dernier accrochage en date, en septembre dernier: lors du conseil municipal, assis dans le public, Philippe Vardon adresse un geste à Christian Estrosi, lui intimant de se taire. Puis un autre, lui demandant de se calmer. Résultat: une garde à vue pour outrage, et une inimitié qui s’enracine. Mais si celle-ci a pris une telle ampleur, c’est bien que Philippe Vardon a su se rendre important.

Occupation de mosquée et salut nazi

Membre d’Unité radicale, organisation finalement dissoute en août 2002, un mois après l’attentat manqué contre Jacques Chirac*, il rejoint ensuite le bloc identitaire. Puis prend la tête de son antenne niçoise, particulièrement active et intitulée Nissa Rebela. Opposé au métissage, hostile à toute forme d’immigration extra européenne et farouche opposant à "l’islamisation" (qu’il lie volontiers à l’insécurité), l’homme se fait surtout remarquer par un discours violent et une série de provocations. Comme lorsqu’il occupe la mosquée de Poitiers, ou quand il organise une distribution de soupe au lard pour les SDF.

A l'époque, Philippe Vardon ne cache pas ses accointances avec la droite de l’extrême droite. Une vidéo du concert d’un groupe néo nazi, où l’on aperçoit un jeune homme lui ressemblant étrangement, a d’ailleurs fait le tour de la toile. En outre, une photo où on l’apercevrait en train d’effectuer un salut nazi a récemment été exhumée par un certain…Christian Estrosi.

Un geste vers le FN

Ces dernières années, ses coups d’éclat se font pourtant rares, voire inexistants. Et ses opinions exprimées publiquement marquent une certaine volonté de se rapprocher de l’extrême droite "traditionnelle". S’il ne renie rien de ses actions passées, il a abandonné toutes fonctions exécutives au sein de Nissa Rebela.

Bon communicant, doté d’une culture politique supérieure à la moyenne, Philippe Vardon s’apprête à entrer dans un monde où les dérapages ne pardonnent pas. Une façon de faire ses preuves et de convaincre les hautes instances du FN -qui pour l’instant le regardent d’un œil méfiant- d'accepter son bras tendu.

*Maxime Brunerie, l'auteur de l'attentat manqué contre l'ancien président, était proche du mouvement mais n'en était pas membre