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Quand Hollande lâche le PS

Le président de la République a appelé ses électeurs de 2012 à privilégier les candidats "qui sont dans la suite" de son action.

C’est un message à peine codé en faveur d’Emmanuel Macron qu’a adressé François Hollande mercredi.

Lors d’un entretien avec les lecteurs de Konbini, diffusé sur Snapchat, le président de la République a été questionné sur le "conseil" qu’il donnerait à un électeur qui a voté pour lui en 2012, alors que lui-même était "le candidat du Parti socialiste". Réponse du chef de l’Etat:

"Je lui dis qu’il faut continuer. Et que même s’il y a des candidats différents, même s’ils disent qu’ils n’auraient pas forcément fait exactement ça, même s’ils pensent qu’ils peuvent faire davantage demain, Il faut aller vers ceux qui sont plutôt dans la suite".

Un commentaire qui dessine en creux le portrait d’Emmanuel Macron. Même si le candidat d’En Marche! se défend d’être l’héritier de François Hollande, qu'il assure même avoir rompu avec lui, ses orientations social-libérales font de lui l’un des candidats les plus proches politiquement du président.

La "marche du progrès"

Au cas où les choses ne seraient pas totalement claires, François Hollande a d’ailleurs ajouté, dans son entretien à Konbini:

"L’Histoire, elle ne s’arrête pas, donc il faut aller vers la marche du progrès".

Deux termes qui confirment que le président penche pour son ex-conseiller à l’Elysée. La "marche" évoque le nom du mouvement politique lancé par Emmanuel Macron: "En marche!". Et l’ancien ministre de l'Economie définit souvent son combat comme celui des "progressistes" contre les "conservateurs".

"Plusieurs héritiers"

Emmanuel Macron n’a jamais renié le bilan du quinquennat, jugeant avant tout qu’il fallait amplifier son action plutôt que de le remettre en cause. "On n’est pas assez loin dans les réformes, on s’est arrêté en chemin", disait-il fin août 2016 au moment de son départ du gouvernement.

Tout l’inverse de Benoît Hamon, le candidat officiel du PS. L’ex-frondeur, issu de l’aile gauche du parti socialiste, a fondé sa campagne sur la rupture avec le mandat de François Hollande.

Après avoir été dix ans à la tête du Parti socialiste et s'être lancé dans la course à l'Elysée sous cette étiquette, François Hollande passe donc le flambeau à un candidat hors du parti au poing et à la rose.

Quand un lecteur de Konbini lui a demandé s'il avait un héritier, François Hollande a d'ailleurs livré cette réponse en forme de pirouette:

"J'en ai même plusieurs".

Ghislain de Violet