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Qualifiée au second tour, Le Pen veut faire mentir les sondages face à Macron

Marine Le Pen.

Marine Le Pen. - François Lo Presti - AFP

Arrivée deuxième du premier tour, la candidate du Front national est donné largement perdante, par les sondages, dans son duel de dimanche 7 mai face au représentant d'En Marche!.

A peine les premiers résultats du premier tour tombés, les sondages ont livré leurs enseignements pour le duel qui verra s'opposer Emmanuel Macron et Marine Le Pen le 7 mai prochain. Et le résultat semble sans appel: le candidat d'En Marche! le remportera haut la main. Pour tenter de convaincre, et de renverser la tendance, la candidate du Front national tiendra deux grands meetings: à Nice, ce jeudi, et au Parc des Expositions à Villepinte, près de Paris, à l'occasion du 1er mai.

"La première étape qui doit conduire les Français à l'Elysée est franchie", s'est exclamé Marine Le Pen depuis Hénin-Beaumont au soir de sa deuxième place avec ses quelques 22%. "Le résultat est historique", assure-t-elle. Car en comparaison avec la qualification historique de son père à l'élection présidentielle de 2002, le score de la présidente du FN était annoncé depuis plusieurs années. Les enquêtes d'opinion, dont les derniers sondages l'ont vue passer de 26% d'intentions de vote mi-mars à 22% ces derniers jours, se sont globalement vérifiées, y compris en l'annonçant au second tour depuis le printemps 2013.

La "grande alternance"

Depuis 2012, et ses 17,9% au premier tour, Marine Le Pen a capitalisé sur les difficultés du quinquennat de François Hollande marqué par les attaques terroristes, la croissance en berne et un chômage fort. A cela s'est ajouté la déliquescence du PS englué dans ses guerres intestines mais aussi un parti Les Républicains miné par les révélations concernant son candidat François Fillon et les tergiversations sur la question d'un plan B. 

A l'international, en outre, le vote du Brexit en juin dernier au Royaume-Uni et l'accession de Donald Trump à la Maison Blanche ont profité à la dynamique Le Pen.

La patronne du FN, qui dit "rêver" depuis des mois d'un affrontement avec le "mondialiste assumé" Emmanuel Macron, a répété dimanche qu'elle voyait dans cette affiche de second tour un référendum entre "la mondialisation sauvage" qu'incarnerait son adversaire et la "grande alternance" qu'elle représenterait. "Ce grand débat va maintenant avoir lieu". Un "clivage clair" et "une victoire idéologique" a abondé sa nièce Marion Maréchal-Le Pen.

Difficile équation

Pour espérer une victoire, il fallait selon un dirigeant FN a minima "Marine à 29-30, Macron à 21-22 et Fillon à 20"... Loin du résultat de dimanche. "Ca va être compliqué", euphémise dimanche soir un autre frontiste. "Une machine se met en marche face à nous, ça sera pas 2002 mais pas loin. Si elle était sortie à 30%..." Point positif, toutefois, savouré par quelques frontistes, l'espoir d'une recomposition à droite dans la perspective des législatives.

L'équation apparaît donc difficile pour Marine Le Pen au second tour: elle devra veiller à rassurer les Français inquiets par la radicalité de son programme, sur l'immigration ou sur la sortie de l'UE et de l'euro, tenter d'attirer l'électorat populaire, notamment celui de Jean-Luc Mélenchon, rallier aussi l'électorat de droite déboussolé par les affaires affectant François Fillon. Alors même qu'elle a refusé mi-mars de se rendre à une convocation de la justice dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens.

Aucune réserve de vote

"Au Front, une majorité préfère (affronter) Macron au second tour. Moi je préfère Fillon", confiait un "mariniste" jeudi. Car aussi sûr que les sondages la donnaient qualifiée pour le second tour, ils l'ont toujours vue nettement battue au second tour par l'ancien ministre de l'Economie. Dimanche soir, Harris Interactive et Ipsos Sopra Steria tablaient sur 36% à 38% des voix pour Marine Le Pen, contre 64% ou 62% pour Emmanuel Macron.

Arrivé en tête du premier tour, le candidat d'En Marche! a engrangé dimanche soir de nombreux soutiens. De François Fillon à Benoît Hamon, on a appelé à faire barrage au Front national et à choisir Emmanuel Macron. Face à ce report de voix, Mrine Le Pen dispose d'aucune réserve de voix évidente. Elle peut espérer le soutien du candidat Debout la France Nicolas Dupont-Aignan - entre 4,5 et 5% des voix qui donnera son choix "en début de semaine". Jacques Myard, député LR souverainiste, a indiqué à l'AFP qu'il penchait pour le ni-ni.

Justine Chevalier avec AFP