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François Hollande: et maintenant?

François Hollande prépare l'après-Élysée.

François Hollande prépare l'après-Élysée. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

À une semaine de la passation de pouvoir, le Président sortant prépare l'après-Élysée dans la discrétion. Plusieurs projets semblent être dans les cartons. Tour d'horizon.

Le 14 mai au plus tard, François Hollande laissera les clefs de l’Élysée après cinq années aux commandes du pays. L’occasion pour le président de la République, âgé de 62 ans, de débuter une nouvelle vie. Si le principal intéressé se montre très discret sur son avenir, quelques pistes peuvent déjà être envisagées.

Une fondation dédiée à l’innovation sociale

Seule certitude, François Hollande compte écrire un livre.

"Il y a eu trop de livres indirects, dont Le Monde a récemment affirmé que trois d’entre eux m’avaient tué. C’est exagéré. Mais je me dois d’expliquer, dans un livre direct, ce que je n’ai sans doute pas assez expliqué", a-t-il expliqué dans une interview à L’Obs jeudi dernier.

Mise à part cette reconversion littéraire, le président ne laisse rien fuiter de ses projets. Il faut dès lors se tourner vers son entourage proche pour en savoir davantage. Directeur de l’Assistance publique Hôpitaux de Paris et ami du président, Martin Hirsch assurait le 27 avril dernier sur RTL que François Hollande prendrait la tête de la fondation "La France s’engage" qu’il a lui-même créée avec Patrick Kanner en 2014.

"'La France s’engage' est une initiative qu’il a soutenue depuis trois ans comme président de la République pour permettre à des initiatives de la société civile de développer leurs idées et de pouvoir apporter des services à ceux qui ont besoin de lecture, d’éducation, de soutien", expliquait Martin Hirsch. Le Président sortant devrait prendre la tête, à titre bénévole, de cette fondation, reconnue d‘utilité publique, dès le mois de septembre.

Briguer la présidence du Conseil européen

Et si François Hollande, européen convaincu, poursuivait sa carrière à l’échelle continentale? L’hypothèse est crédible au regard du calendrier qui fixe la fin du mandat de Donald Tusk, actuel président du Conseil européen, à la fin du mois de mai 2017. Mais s’il convoite le poste, le futur ex-locataire de l’Élysée sait que la tâche s’annonce difficile.

Comme le rappelle Le Parisien, celui qui prendra la tête du Conseil européen devra "être désigné à la majorité des 28 dirigeants de l’UE". "On est quand même dans une Europe très à droite", confiait un proche du président au quotidien. D’autre part, pour briguer le poste, François Hollande aura besoin du soutien du prochain chef de l’État pour porter sa candidature. En clair, l’issue du scrutin dimanche pourrait mettre un terme à son ambition.

Retour en Corrèze

Autre possibilité pour François Hollande: un retour dans son ancien fief de Corrèze où il a mandaté des amis pour lui trouver un bien immobilier "au minimum dans le proche territoire de Tulle", annonçait Bernard Combes, maire de la ville, à France Bleu Limousin le 10 avril dernier.

Il s’agirait toutefois d’un simple retour "sous un mode amical, de relation ancienne avec son département", précisait Bernard Combes. En effet, pour ses activités professionnelles, François Hollande aurait déjà trouvé des bureaux au 242, rue de Rivoli à Paris.

Les hypothèses écartées

Si le président sortant semble émettre encore quelques doutes quant à son avenir, il sait toutefois les chemins qu’il n’empruntera pas. Il exclut notamment un retour dans la politique française: "il ne faut jamais dire jamais, mais je ne ferai pas de retour, comme Giscard l’avait fait par exemple. Se présenter aux élections législatives, régionales… Il avait tout fait, Giscard, il avait l’âge qui lui permettait aussi de le faire, il a quitté le pouvoir à 55 ans, donc c’était jeune, ça permet d’avoir une nouvelle vie", confiait-il dans le livre Un président ne devrait pas dire ça…, des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Exclu également un siège au Conseil Constitutionnel.

Et pourquoi ne pas participer à des conférences rémunérées à l’instar de son prédécesseur Nicolas Sarkozy? Une hypothèse peu probable à en croire l’un de ses proches qui ironisait dans Paris Match:

"S’il est invité dans des colloques, il ne se fera pas payer cher car il n’intéressera plus grand monde."

Gérard Combes voit dans un premier temps François Hollande vêtir le costume de "commentateur éclairé". Difficile pourtant d’établir avec certitude la suite du parcours du septième président de la Ve République. Seule indication de sa part au quotidien L’Obs: "Ce n’est pas la fin de ma vie, c’est le début d’une nouvelle…"

P.L