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Débat présidentiel: France 2 réplique à Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon. - AFP

La chaîne publique reproche dans un communiqué à Jean-Luc Mélenchon de vouloir "créer le buzz" en menaçant de ne pas se rendre au débat qu’elle organise le 20 avril. Du côté du candidat de La France insoumise, le refus n’est plus aussi évident, selon nos informations.

Le bras de fer continue entre Jean-Luc Mélenchon et France 2. Après avoir remis en cause le principe du débat entre les onze candidats à la présidentielle prévu le 20 avril sur la chaîne publique, cette dernière a répondu aux critiques de l’eurodéputé mardi.

Dans un communiqué, France 2 a assuré que Jean-Luc Mélenchon avait été prévenu très en amont des modalités du débat. Et qu'il n'avait donc aucune raison de se plaindre:

"Comme tous les candidats déclarés, Monsieur Mélenchon a reçu une lettre recommandée avec accusé de réception doublée d’un message mail le 31 janvier, l’invitant au débat du 20 avril. Il n’y a eu alors aucune contestation de sa part ni du débat ni de la date proposée".

En outre, la chaîne s’est agacée des commentaires virulents de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de L’Emission politique, un programme assimilé à un "traquenard" télévisuel par le candidat de La France insoumise. Pour la direction de France 2, l'eurodéputé a surtout cherché à faire un coup de communication:

"France Télévisions ne peut accepter qu’un candidat veuille créer le buzz en stigmatisant ses équipes et ses rendez-vous, et maintient donc un débat attendu par nos concitoyens, dont le principe a été accepté par tous les candidats".

Un ultimatum plus qu'un boycott

Jean-Luc Mélenchon participera-t-il ou non à ce débat? Si le fondateur du Parti de gauche a d’abord écrit exclure "en toute hypothèse" de se rendre sur le plateau de France 2, il n’est finalement pas question de boycott, selon nos informations. Contactée par BFMTV.com mardi soir, sa conseillère presse nuance:

"Il a contesté le principe de ce débat, qu’il juge arriver trop tard, à deux jours de la fin de campagne. Macron a embrayé sur notre position, d’ailleurs. S’il se passe quoi que ce soit, il n’y aucun moyen pour le candidat de revenir dessus. Mais il n’a pas dit qu’il n’irait pas. Il a juste dit qu’il ne voulait pas que le débat ait lieu après le 17 avril".

Il s’agirait donc plus d’un ultimatum que d’un refus définitif de la part de Jean-Luc Mélenchon. Malheureusement pour lui, France 2 a l’air bien décidée à ne pas modifier son agenda. Quitte à se passer du quatrième homme dans les sondages.

Un bon premier débat

Dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, on semble toutefois prêt à faire une croix sur ce dernier débat. Sa conseillère nous explique:

"Certes, ce genre d’émission fait de l’audience. Mais notre objectif, c’est d’abord de parler aux abstentionnistes, aux quartiers populaires, aux personnes oubliées qui, de toute façon, ne regardent pas ces programmes".

Le porte-parole de La France insoumise n’avait pourtant pas eu à se plaindre de la première confrontation télévisée de la campagne, sur TF1, lors de laquelle il avait livré une prestation saluée. Coïncidence? Il avait ensuite doublé Benoît Hamon dans les sondages.

Le deuxième débat de la campagne et le premier à réunir l'ensemble des candidats à la présidentielle sera, lui, organisé par BFMTV et Cnews le 4 avril.

Ghislain de Violet