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Présidentielle

À la peine dans la chasse aux parrainages, Jean-Luc Mélenchon demande un changement des règles

Jean-Luc Mélenchon le 3 janvier 2022 à l'Assemblée nationale.

Jean-Luc Mélenchon le 3 janvier 2022 à l'Assemblée nationale. - BFMTV

Alors qu'il n'a pour l'instant récolté que 400 signatures d'élus, loin des 500 nécessaires, le candidat insoumis appelle à changer la loi et à instaurer un système de parrainage citoyen.

Et de trois. Après Éric Zemmour et Marine Le Pen, c'est au tour de Jean-Luc Mélenchon de demander un changement des règles de parrainage pour la présidentielle.

La loi demande aujourd'hui aux candidats de déposer au moins 500 signatures d'élus locaux devant le Conseil constitutionnel pour pouvoir être sur la ligne de départ du premier tour. Une gageure, juge le candidat insoumis, qui affirme n'en avoir pour l'instant que 400.

"Dans une situation de blocage"

"On est dans une situation de blocage pour un certain nombre d'entre nous (parmi les candidats à la présidentielle, NDLR) et c'est mon cas (...). Ça concerne toute la démocratie. Qu'est-ce que ça pourrait donner si certains ne se présentaient pas sinon une nouvelle explosion de l'abstention?", s'est interrogé le patron de la France insoumise lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale ce lundi.

Le député des Bouches-du-Rhône fait cause commune avec le polémiste et la candidate du Rassemblement national. L'ancien éditorialiste du Figaro crie ainsi au "scandale démocratique" tandis que Marine Le Pen assure "ramer".

Ces candidats pointent du doigt l'évolution des règles de parrainage. Depuis 2017, l'intégralité des noms des élus qui parrainent les personnalités politiques qui souhaitent se présenter à la présidentielle sont publiés. De quoi refroidir des milliers de maires sans étiquette qui peuvent craindre d'éventuelles critiques de leurs administrés en cas de soutien à un candidat jugé clivant.

Instaurer un système de parrainages citoyens

Jean-Jacques Urvoas, alors rapporteur du texte à l'Assemblée nationale, qui a changé la loi, assume cette évolution. "On ne voit pas pourquoi la présentation d'un candidat à l'élection présidentielle serait la seule décision du maire qui ne devrait pas être rendue publique", estime ce lundi l'ancien garde des Sceaux dans les colonnes de L'Opinion.

Jean-Luc Mélenchon en appelle, lui, au gouvernement. "S'il le voulait, il pourrait remettre la loi telle qu'elle était (avant 2017) en la soumettant au suffrage de l'Assemblée nationale", a ainsi avancé le député lors de sa conférence de presse. Et de pousser sa proposition de système de parrainage qui reposerait sur le soutien de 150.000 citoyens inscrits sur les listes électorales issus de 30 départements différents, en lieu et place des signatures d'élus locaux.

Éric Zemmour a de son côté lancé un appel à David Lisnard, le maire de Cannes et le patron de l'Association des maires de France. "Je lui propose de demander aux maires de faire un pool de signatures et de donner les signatures à tous les candidats qui sont au minimum, je ne sais pas, à 5 ou 8% dans les sondages", a-t-il lancé sur Europe 1 le 6 janvier.

Pourtant, cette nouvelle règle ne change pas foncièrement la donne. Lors de l'élection présidentielle de 2017, 34% des élus avaient parrainé un candidat contre 36% en 2012. Les candidats ont jusqu'au 4 mars pour déposer les précieuses signatures au Conseil constitutionnel.

Marie-Pierre Bourgeois