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Premier tour des municipales: le débrief des éditorialistes

Thierry Arnaud et Eric Brunet

Thierry Arnaud et Eric Brunet - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Au lendemain des élections municipales, comment analyser les résultats du premier tour? Triomphe du FN, regain de l'UMP, claque pour la majorité? Le point de vue de nos éditorialistes, Eric Brunet et Thierry Arnaud.

Comment analyser les résultats du premier tour des élections municipales? Le FN a-t-il vraiment triomphé? Quelle suite pour le PS, après ces mauvais résultats? Eléments de réponse avec Eric Brunet et Thierry Arnaud, éditorialistes de RMC et BFMTV.

Le FN a-t-il réussi le pari de son implantation locale?

Eric Brunet: Bien sûr, le FN ne sera présent que dans un peu plus de 300 triangulaires dans le pays. 300 villes alors qu’on dénombre plus de 36 000 communes en France… Bien sûr le FN n’a totalisé que 4,6% des suffrages en ce premier tour des élections municipales. Mais on sait déjà qu’il va remporter plusieurs villes, et qu’il obtiendra une quantité inédite d’élus locaux en France. C’est donc une victoire sans précédent pour le parti de Marine Le Pen.

Thierry Arnaud: Oui, le FN a mené une campagne très professionnelle, il a choisi soigneusement les endroits où déposer ses listes. Certes, le tableau de chasse n'est pas parfait: le FN ne s'est pas présenté partout, et dans certaines villes où il s'est présenté, le succès n'a pas été total, comme pour Marion Maréchal-Le Pen, éliminée à Sorgues, dans le Vaucluse. Mais le résultat est clair, et il est déjà au-delà de ce que le FN pouvait attendre.

Le deuxième pari pour Marine Le Pen consistait à avoir 1.000 conseillers municipaux FN dans toute la France. 472 sont déjà élus: c'est donc en bonne voie. Ces élections sont une étape pour Marine Le Pen vers l'accès au pouvoir national. Elle compte sur les conseillers municipaux pour montrer que le FN n'est pas seulement un parti qui proteste, mais qui sait gérer.

Copé parle de renaissance pour l’UMP. A raison?

Eric Brunet: Pardon, mais la vraie victoire, c’est l’UMP qui la remporte. Quoi qu’on en dise, la vague bleue n’a pas été une vaguelette. Sur le plan arithmétique, l’UMP est la première force du pays. Le parti dirigé par Copé progresse partout. Les commentateurs ont répété en boucle que les affaires allaient affecter le vote UMP: ils se sont trompés lourdement. A Marseille, à Toulouse et même à Paris, ils ont expliqué que le vote de droite serait faiblard… C’était de l’intox, ou peut être un manque de vista.

Thierry Arnaud: C'est peut-être un peu excessif mais c'est vrai qu'on a enterré l'UMP un peu trop vite. Son électorat est resté plus mobilisé que celui de la gauche, et cela a fait la différence. C'est donc un vrai succès, d'autant plus que les leaders du parti ont été réélus dès le premier tour (Jean-François Copé à Meaux, Christian Jacob à Provins, François Baroin à Troyes, etc). Ce sont des succès importants et symboliques, qui reposent sur une forte mobilisation. L'électorat UMP reste donc fidèle à son parti, malgré les affaires sorties ces dernières semaines.

La majorité en crise après un tel score?

Eric Brunet: Non, depuis deux ans, les socialistes ont appris à avaler des couleuvres. Ils ont acquis une vraie expérience sur le sujet. Au PS, on ne redoute plus les échecs, on les collectionne. Comme c’était prévisible, ils vont s’en sortir grâce aux triangulaires et au FN. François Mitterrand avait favorisé le développement du FN dans ce seul but: mettre l’opposition gaulliste en difficulté. En 2014, on ne peut pas résumer le FN à cette seule fonction, bien entendu. Mais il faut se préparer au fait que, dimanche prochain, certaines grandes villes comme Strasbourg risquent de rester à gauche, grâce au Front national.

Thierry Arnaud: Oui, sans aucun doute. L'un des développements les plus frappants à mes yeux, c'est l'impression du dialogue de sourds entre ceux qui disent qu'on paie les erreurs du gouvernement (comme François Rebsamen ou Samia Ghali à Marseille), et les responsables nationaux qui disent que la politique du gouvernement est la bonne, et qu'il faut tenir bon. Ce sont deux conceptions incompatibles, et si elles continuent à s'opposer, on va droit vers une crise interne au sein du PS.

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Propos recueillis par Ariane Kujawski