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Municipales: la pollution s'invite dans la campagne

Les pics de pollution ont poussé les candidats aux municipales à Paris à s'exprimer sur le sujet, quitte à assumer leurs désaccords à une semaine des élections (Photo d'illustration)

Les pics de pollution ont poussé les candidats aux municipales à Paris à s'exprimer sur le sujet, quitte à assumer leurs désaccords à une semaine des élections (Photo d'illustration) - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Avec les pics d'alerte dépassés ces derniers jours, les candidats aux municipales ont été forcés de réagir sur le thème de la pollution, et notamment du diesel. A Paris, leurs déclarations montrent l'absence de consensus sur le sujet... Même à gauche.

C'est le thème inattendu de cette campagne pour les municipales: avec les pics d'alerte dépassés ces derniers jours, la question de la pollution s'est invitée dans la dernière ligne droite avant le scrutin. Et a mis en exergue les divisions sur le sujet.

D'abord entre gauche et droite. Alors que Jean-Marc Ayrault a décidé de mettre en place la circulation alternée pour au moins deux jours à partir de lundi, Anne Hidalgo se dit favorable à cette mesure, et en profite aussi pour tacler sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet sur le diesel: "si nous en sommes là, c'est parce qu'il y a eu une politique d'encouragement à l'achat de véhicules diesel dans les gouvernements précédents, autour de Nicolas Sarkozy", a-t-elle lancé.

Accusation balayée par NKM, pour qui "ce bonus, créé dans le cadre du Grenelle de l'environnement, était une mesure consensuelle. Comme il était accompagné d'une prime à la casse, il a surtout permis de renouveler des véhicules anciens, or un vieux diesel est plus polluant qu'un nouveau diesel", explique la candidate de l'UMP, avant d'ajouter: "Mais surtout, si c'était une si mauvaise mesure, cela fait deux ans qu'un des protecteurs d'Anne Hidalgo est à l'Elysée, que le gouvernement qu'elle soutient est en place: ils pouvaient la supprimer!"

Désaccords PS-EELV

Mais au-delà du désaccord entre le PS et l'UMP, c'est aussi entre le PS et Europe Ecologie - Les Verts que le torchon brûle à Paris. Anne Hidalgo accuse en effet EELV d'avoir voté la commande de nouveaux bus diesel en 2013, en échange d'avancées sur la question de la gratuité des transports. "A Paris, nous nous sommes opposés à des commandes de bus diesel que le vice-président Verts chargé des Transports a lui accompagnées (...)", a affirmé la candidate du PS lors d'une conférence de presse dimanche matin.

Une affirmation démentie par l'intéressé, Pierre Serne, vice-président EELV de la région Ile-de-France, qui n'a pas caché sa colère sur Twitter.

Je demande fermement à @Anne_Hidalgo de revenir sur son mensonge sur bus diesel, le Stif & EELV! Y a des limites à la démagogie de campagne!
— Pierre Serne (@PierreSerne) 16 Mars 2014

Au Front de gauche, Simonnet pour '"interdire le diesel"

En meeting dimanche, Danielle Simonnet, la candidate du Front de gauche à la mairie de Paris, profite du débat pour rappeler sur BFMTV que "cela fait longtemps qu'on demande la gratuité des transports en commun, la circulation alternée mais surtout l'interdiction du diesel." Elle s'inquiète également du fait que "celles et ceux qui n'ont pas le choix d'utiliser leurs véhicules" puissent être pénalisés par leurs absences dues à la circulation alternée. "Il faut des autorisations d'absences", selon elle.

Danielle Simonnet fustige elle aussi "le retard" du gouvernement dans sa gestion de la pollution. "Cet épisode montre l'incurie du gouvernement et du Conseil régional d'Ile-de-France, car ces pics de pollution étaient prévisibles", avance-t-elle. "Nous exigeons une planification écologique de l'aménagement du territoire pour réduire les distances domicile-travail".

Ariane Kujawski