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Pollution aux particules: la faute aux voitures?

Vue de l’autoroute A41 à hauteur de Grenoble, le 14 mars.

Vue de l’autoroute A41 à hauteur de Grenoble, le 14 mars. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Gratuité des Vélib' à Paris, des transports en commun dans plusieurs villes... Face au pic de pollution, les autorités se prémunissent contre la prolifération des voitures. Mais est-ce suffisant? BFMTV.com fait le point.

Un tiers des départements français a atteint ce vendredi le seuil d'alerte maximal à la pollution aux particules. En conséquence, plusieurs agglomérations ont pris des mesures incitant les automobilistes à laisser leur véhicule au garage. Est-ce suffisant? Dans quelle mesure les transports sont-ils responsables du pic de pollution? Les explications de Géraldine Le Nir, ingénieur à Airparif, association de surveillance de la qualité de l'air en Île-de-France.

A quoi est dû le pic de pollution qui touche la France actuellement?

Le pic de pollution que l'on constate depuis quatre jours est dû à l'impact des conditions météo sur les émissions polluantes liées à l'activité humaine: d'une part, comme il n'y a pas de vent, les masses d'air ne se déplacent pas et les particules émises par l'activité humaine restent bloquées au-dessus les villes.

D'autre part, on constate un phénomène d'"inversion thermique", dû à des nuits fraîches et des journées chaudes. La température au sol diminue la nuit, mais comme l'air chaud reste présent en altitude, les polluants se trouvent piégés sous un effet de "couvercle" et ne se dispersent pas.

Quelles sont les sources de pollutions liées à l'activité humaine?

Quand on parle d'activités humaines, il s'agit avant tout de l'industrie, des activités domestiques - en particulier le chauffage - et du transport routier [sur son site, Airparif indique qu'en Île-de-France, l'industrie représente en moyenne un tiers des émissions de particules fines liées à l'activité humaine, les activités domestiques un quart et le trafic routier un quart, ndlr]. Mais on ne peut pas dire si les proportions constatées actuellement sont les mêmes que sur une année moyenne.

Pourquoi alors met-on surtout l'accent sur le transport routier?

S'il n'est pas seul en cause, le transport routier est tout de même responsable d'une part non négligeable des émissions de particules fines [selon les chiffres d'Airparif, il représente 25% des émissions de particules liées à l'activité humaines en Île-de-France. Et 15% des émissions dans la France entière en 2011, d'après des chiffres communiqués sur son site par le Citepa, le centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique, ndlr]. Et puis, avec ces conditions atmosphériques, son impact sur la pollution est direct: l'augmentation du trafic routier contribue à accroître la pollution.

Les autorités ont également pris des mesures visant d'autres types d'activités polluantes. En Île-de-France par exemple, la préfecture a pris un arrêté pour interdire le chauffage au bois durant l'épisode de pollution. Néanmoins, on peut penser que la chaleur actuelle ne rend pas particulièrement importante la consommation de chauffage.

Est-on davantage exposé dans les zones où le trafic routier est plus important?

Lorsqu'on se trouve à proximité immédiate d'une zone de trafic, on est évidemment davantage sujet à la pollution: les automobilistes eux-mêmes sont les plus exposés, puisqu'ils sont au contact direct de la pollution qui s'accumule autour d'eux.

Toutefois, depuis mardi, la pollution qui s'accumulait dans les zones où l'activité humaine était polluante a tendance à s'étaler partout avec le brassage du vent. Bien sûr, on reste davantage exposé en Île-de-France, par exemple, que dans d'autres zones, mais tout le territoire est plus ou moins concerné.

|||La pollution aux particules fines

• Différentes molécules peuvent être responsables de la pollution de l'air. Les principales sont le dioxyde d'azote, l'ozone, le dioxyde de soufre et les particules fines.

• Les particules fines sont des poussières en suspension dont le diamètre est inférieur à 10 microns. Les émissions de particules proviennent soit de sources naturelles, soit des activités humaines.

• Le niveau d'alerte aux particules est atteint à partir d'une concentration de 80 microgrammes de particules par mètre cube d'air.

Mathilde Tournier