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Congrès des maires: rythmes scolaires, dotations et charges au programme

L'Association des maires de France (AMF) se réunie cette semaine à Paris

L'Association des maires de France (AMF) se réunie cette semaine à Paris - -

Sans François Hollande mais en présence de Jean-Marc Ayrault ou encore de Vincent Peillon, les 11.000 maires de France se réunissent en congrès cette semaine à Paris, à quatre mois des élections municipales.

Entre amertume à gauche et révolte à droite, les maires de France tiennent congrès cette semaine à Paris. Si François Hollande ne les honorera pas de sa présence, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault mardi, puis Vincent Peillon jeudi, s'exprimeront devant l'assemblée des élus. Avec sa réforme controversée des rythmes scolaires, le ministre de l'Education nationale est particulièrement attendu.

"Il y aura sans doute quelques manifestations d'humeur" mais "les maires sont des hommes et des femmes responsables qui respectent la règle de l'accueil républicain", selon le président UMP de l'Assemblée des maires de France (AMF), Jacques Pélissard.

Outre la loi Peillon, la restriction des crédits, la hausse des charges et la réforme de la décentralisation inquiètent les élus locaux, d'autant plus que ceux-ci - 11.000 participants tout de même - remettent leurs écharpes en jeu en mars 2014, toujours forts du statut d'élus préférés des Français (57%), selon un sondage Harris Interactive.

Améliorer les rythmes scolaires

Quelques dizaines de maires de l'opposition ont promis nominativement qu'ils n'appliqueraient pas les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée 2014, une menace de sédition rarissime parmi les élus de la République. Une méthode critiquée par l'actuel maire de Marseille: Jean-Claude Gaudin a affirmé qu'il appliquerait la réforme "s'il le faut".

Sans contester "le bienfondé" de la réforme, l'AMF veut qu'elle soit "encore améliorée", espérant que Jean-Marc Ayrault lâchera un peu plus de lest devant les maires. Jacques Pélissard demande notamment "plus de souplesse", dans un entretien au Figaro.

Le gouvernement "continuera" à apporter les "aménagements" nécessaires "pour aider les maires", a lui assuré dimanche Vincent Peillon.

Seules 4.000 communes ont appliqué les nouveaux rythmes dès 2013.

Baisse des dotations et... hausse des charges

Les dotations aux maires de France avaient été gelées par Nicolas Sarkozy. Ce ne s'arrange pas puisqu'en 2014, elles recevront 840 millions d'euros en moins, de même qu'en 2015.

Problème, en 2014, deux milliards de charges nouvelles s'appliqueront à leur budget sur décision de l'Etat: revalorisation de salaires de fonctionnaires territoriaux, hausse de cotisations, rythmes scolaires.

En période de disette budgétaire, les nouvelles normes de toutes sortes, coûteuses, irritent plus que jamais les maires, qui attendent que "le choc de simplification" promis par François Hollande "se concrétise enfin".

Un manque de confiance de l'Etat

D'autant que les communes, face à l'émergence des métropoles, se sentent un peu laissées pour compte par le gouvernement. La bataille en cours sur le transfert automatique aux intercommunalités de l'élaboration des plans locaux d'urbanisme, vilipendé par les maires, en est l'illustration.

"Les maires ont l'impression que l'Etat ne leur fait pas confiance", avance encore Jacques Pélissard avant de regretter l'absence de François Hollande. "Il aurait été important qu'il vienne, d'autant plus que pour certains il s'agit du dernier congrès", explique-t-il. Seuls deux tiers des élus tenteront de se succéder à eux-mêmes.

Samuel Auffray avec AFP