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Législatives: pourquoi les Français de l'étranger votent dès ce week-end

En mai dernier, les Français de l'étranger avaient dû faire des heures de queue dans certaines villes pour voter.

En mai dernier, les Français de l'étranger avaient dû faire des heures de queue dans certaines villes pour voter. - AFP

Les 1,3 million Français résidant à l'étranger sont appelés à voter ce week-end pour le premier tour des législatives. Un scrutin avancé d'une semaine en avance par rapport aux électeurs de la métropole et des DOM-TOM pour des raisons logistiques.

Les candidats aux Législatives se préparent tous pour le fameux 11 juin, date du premier tour. Pourtant, pour certains d'entre eux, la campagne a été un peu plus courte. Dès ce week-end, les quelque 1,3 million de Français installés à l'étranger sont appelés à voter pour désigner les futurs représentants à l'Assemblée nationale des onze circonscriptions dessinées en 2012.

Les électeurs français résidant sur le continent américain voteront dès ce samedi 3 juin, les autres sont appelés aux urnes le lendemain. Toutefois, comme pour leurs compatriotes de métropole et des DOM-TOM, les Français de l'étranger voteront pour le second tour le dimanche 18 juin. A l'exception, une nouvelle fois, de ceux installés sur le continent américain qui devront se déplacer le samedi 17. 

717 bureaux de vote dans le monde

Deux semaines entre les deux tours de ce scrutin n'a rien d'une première. En 2012 déjà, première fois où ils étaient appelés à voter pour les députés de ces onze circonscriptions, cette règle avait été appliquée. Un délai motivé par des questions d'organisation et "en raison notamment des délais d’acheminement par courrier de la propagande électorale", précise le ministère des Affaires étrangères. En raison des délais postaux, quinze jours sont donc nécessaires pour faire parvenir les professions de foi des candidats sélectionnés pour le second tour. Une procédure imposée par le code électoral.

Pour voter, les Français de l'étranger peuvent évidemment se déplacer dans l'un des 717 bureaux de votes répartis dans 450 lieux. Mais pour certains électeurs, cela revient à faire des dizaines, voire des centaines de kilomètres. Difficile dans cette situation d'imaginer les files d'attente qui ont pu être observées lors de la présidentielle de mai dernier. Les citoyens installés hors de France peuvent eux-aussi voter par procuration. Mais là encore, les électeurs doivent se rendre à l'ambassade ou au consulat. 

119.000 votants par correspondance

En mars dernier, le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, avait annoncé l'abandon du vote électronique pour les Français de l'étranger en raison des menaces de cyberattaques qui pesaient sur les élections françaises. Reste alors le vote par correspondance pour départager les 180 candidats qui se présentent. Ce choix a été fait par 119.000 votants, sur les quelque 1,3 million d'inscrits. "Le matériel de vote par correspondance sera adressé, pour chaque tour, aux électeurs ayant activé cette option de vote, avec la lettre de convocation et les professions de foi des candidats", précise le Quai d'Orsay, expliquant notamment ce délai nécessaire de quinze jours.

"Il faut que l’enveloppe avec le bulletin soit dans le bureau de vote le jour où il a lieu. Dans certains pays, cela suppose de voter avant la fin de la campagne", ajoute Gérard Martin, le secrétaire général de l'association des Français du monde cité par RFI.

Alors que certains militent pour la restauration du vote électronique ou pour la dématérialisation des professions de foi, qui pourrait permettre d'économiser un budget de 215 millions d'euros au total (métropole, DOM-TOM et Français de l'étranger), d'autres espèrent que des facilités pour aller voter soient apportées par le ministère de l'Intérieur. En 2012, seuls 20% des électeurs Français de l'étranger s'étaient déplacés pour le premier tour des élections législatives.

Justine Chevalier