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Le gouvernement suspend le vote électronique pour les élections législatives

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Le secrétaire d'État aux Français de l'étranger a annoncé, ce lundi, la suspension du vote électronique pour les législatives à l'étranger en raison de risques de cyberattaques.

Les élections législatives peuvent-elles être piratées informatiquement? C'est en tout cas la crainte du gouvernement français. Ce lundi, Matthias Fekl, secrétaire d'État aux Français de l'étranger, a annoncé la suspension du vote électronique pour les élections législatives à l'étranger.

"Un niveau de menace extrêmement élevé"

En cause: "un niveau de menace extrêmement élevé de cyberattaques qui pourrait affecter le déroulement du vote électronique", explique le Quai d'Orsay. "Cette décision a été prise sur la base des recommandations des experts de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques".

Contacté par BFMTV.com, Romain Nadal, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, parle de menaces "anormalement élevées".

"Aujourd’hui, différentes institutions, et acteurs font l’objet d’attaques, venues souvent de l’étranger. Et le niveau de menace étant très élevé, nous ne voulons pas prendre de risque. Nous craignons qu’une cyberattaque fragilise les élections", continue cette même source.

Des mesures complémentaires mises en place

Le vote électronique était limité aux élections législatives des Français de l'étranger, depuis 2012. Chaque électeur devait renseigner "un numéro ou une adresse mail" pour recevoir un identifiant et un mot de passe. Ce sont ces données qui permettaient de voter, depuis un ordinateur. 

Aussi, pour les élections législatives à venir, "des mesures complémentaires seront mises en place pour faciliter l'accès au vote". A savoir le "même nombre de sites de vote que pour les présidentielles, renforcement des tournées consulaires pour l'établissement de procurations, prolongation du délai de demande du matériel de vote par correspondance au 31 mars."

En revanche, le vote électronique n'a jamais été mis en place pour une présidentielle. Là aussi, l'idée était de se prémunir de tout risque de piratage

Un "déni démocratique" pour Axelle Lemaire

A peine annoncée, cette information a beaucoup fait réagir les élus. A l'instar de l'ancienne ministre du Numérique, Axelle Lemaire.

"Au mieux de l'amateurisme" pour Frédéric Lefebvre

De leur côté, plusieurs élus LR ont dénoncé cette mesure. Frédéric Lefebvre, député des Français d'Amérique du Nord, a, lui, lancé une pétition. A BFMTV.com, il explique qu'il demande au président de revenir sur cette décision. 

"Au mieux c'est de l'amateurisme, au pire avec des arrières pensées politiques. Qu'il y ait un risque de cyberattaque, je comprends. En revanche, que l'on ne se soit pas donné les moyens d'y résister... C'est une plaisanterie! ", explique Frédéric Lefebvre, à BFMTV.com

D'autant plus, continue l'élu de droite que le parlement ne siège plus. Face à ses critiques, le ministère parle, lui, d'une question de sécurité majeure.

"Nous aurions préféré pouvoir avoir recours au vote électronique. Mais on ne prendra aucun risque dans un processus électoral, justifie le ministère. C’est une décision que nous prenons pour une question de sécurité".

Elodie Hervé