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Législatives: l'Assemblée nationale va-t-elle changer de visage?

L'hémicycle de l'Assemblée nationale accueillera de nouveaux députés après les législatives des 11 et 18 juin prochains.

L'hémicycle de l'Assemblée nationale accueillera de nouveaux députés après les législatives des 11 et 18 juin prochains. - Bastien Abadie / Flickr

Plus de 200 députés sortants ne briguent pas un nouveau mandat, l'occasion pour les partis de présenter de nouveaux visages aux Français. La prochaine Assemblée nationale sera t-elle paritaire, plus jeune ou encore moins diplômée? Voilà ce que nous apprend la liste des 7.882 publiée ce mardi.

C’est la promesse phare de la République en marche et de la France insoumise: le renouvellement de l’Assemblée nationale et le respect de la parité hommes-femmes. La liste officielle des investitures publiée ce mardi par le ministère de l’Intérieur confirme cette envie de changement. Plus de 200 députés sortants ne se représentent pas, conséquence directe de la loi sur le non-cumul des mandats. Les électives législatives de 2017 vont-elles faire apparaître des visages plus jeunes, féminins et moins diplômés sur les bancs du palais Bourbon? Analyse point par point.

Peu de femmes dans les circonscriptions gagnables

Parmi les 7.882 aspirants députés figurent 3.344 femmes, soit un peu plus de 42% du total. Sur le papier, la parité paraît presque respectée. En réalité, les grands partis ont placé peu de femmes dans les circonscriptions "gagnables". 

Le 22 avril, François Fillon est arrivé en tête dans 53 circonscriptions. Les Républicains et l’UDI présentent seulement 18 femmes dans ces territoires très favorables à la droite. Le constat est encore plus amer pour la France insoumise, qui revendique pourtant la parité comme argument électoral. Sur les 64 circonscriptions où Jean-Luc Mélenchon a enregistré de très bons scores, seulement 21 affichent une candidature féminine.

Seule exception, la République en marche, qui respecte parfaitement la parité, même dans les circonscriptions gagnables. Sur 191 territoires très favorables à Macron au premier tour, 94 ont été attribuées à une femme.

Un coup de jeune sur les bancs de l’Assemblée nationale

En juin 2012, l’âge moyen des membres de l’Assemblée nationale tout juste élus atteignait 59 ans. Le nouvel Hémicycle pourrait rajeunir de 10 ans: la moyenne d’âge des candidats pour l’élection de 2017 est de 49 ans. Elle est même plus jeune encore dans les circonscriptions gagnables par les quatre partis meneurs du premier tour de la présidentielle: 46 ans.

Les Républicains font figures d’exception. La moyenne d’âge de leurs candidats dans les territoires où François Fillon est arrivé en tête s’élève à 55 ans.

La cadette du scrutin s’appelle Morgane Guerreau, étudiante de 18 ans, née le 29 avril 1999 et candidate dans le Val-de-Marne. La doyenne se nomme Odette Simonet. Du haut de ses 90 ans, cette retraitée se porte volontaire en Amérique Latine.

Une société civile très aisée

Pas de doute, tous les partis ont recruté dans la société civile pour le scrutin de juin, que ce soit la République en marche ou les membres de l’opposition. Cependant, ces candidats encore novices en politiques proviennent surtout de catégories sociaux-professionnelles élevées. Près de 1.022 candidatures sur 7.882 sont tout droit issues de cadres du privé. En seconde position arrivent les retraités, au nombre de 1.072, suivi des professions de l’enseignement (869) et des professions libérales (865).

Les partis n’ont pas cherché dans les mêmes corps de métier pour leurs investitures. La France Insoumise a majoritairement mobilisé des enseignants (101). Ce sont les extrêmes qui sont à l’origine du plus grand nombre de candidatures dans les milieux populaires: le Front national et la France insoumise se partage presque à égalité les employés du privé, les ouvriers ou encore les étudiants (voir le graphique ci-dessous).

Parmi les professions atypiques de ce scrutin, on trouve 3 marins, 6 chirurgiens ou encore 9 vétérinaires.

Emeline Gaube