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Parlement européen: le nouvel équilibre, le nouveau rapport de force

Européennes: les conservateurs du PPE en tête, les europhobes en force.

Européennes: les conservateurs du PPE en tête, les europhobes en force. - -

Avec qui pourront s'allier les conservateurs du PPE? Quelle place aura la France dans la nouvelle assemblée? Tour d'horizon des nouveaux équilibres au Parlement européen.

Les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) arrivent largement en tête des élections européennes, avec 212 sièges dans le prochain Parlement européen, loin devant les socialistes (185) tandis que les europhobes pourraient récolter au total plus de 140 sièges, selon une projection diffusée par le Parlement. A quoi ressemblera le nouveau Parlement? Comment sera-t-il présidé? Revue de détails.

> Une grande coalition aux commandes

"Une grande coalition à l’Allemande se dessine avec l’alliance du centre droit - le Parti populaire européen (PPE) - et le centre gauche - le Parti socialiste européen", explique Pascale Joannin, la directrice de la fondation Robert Schuman. La majorité est en effet fixée au Parlement européen à 376 sièges et le Parti populaire européen (PPE) arrivé en tête ne totalisera, au mieux, que 212 sièges. Il sera donc amené à s’allier au PSE, 185 sièges, seul groupe suffisamment important. "Droite et gauche qui s’allient pour gouverner, le modèle est peu courant en France, mais est pratiqué régulièrement dans les pays voisins et au parlement européen. Concrètement, les deux partis pourraient se partager la présidence à mi-mandat", explique-t-elle.

Pour rappel, les Libéraux resteraient le troisième groupe avec 71 eurodéputés, suivis par les Verts (55) et la gauche radicale (45), selon une projection TNS rendue publique par le Parlement européen.

> Quelle place pour les eurosceptiques?

Les europhobes occuperont près de 150 sièges. Représentant moins d’un tiers des eurodéputés, ils sont trop peu nombreux pour empêcher le Parlement de travailler. "Ces groupes eurosceptiques souvent se détestent et n’arrivent pas à travailler ensemble", insiste Pascale Joannin.

Fort de son succès en France, Marine Le Pen pourrait toutefois constituer un nouveau groupe à l’extrême droite. Il faut pour cela 25 députés dans sept pays différents. "Elle peut effectivement y arriver en s’alliant avec la Ligue du Nord italienne et le PVV néerlandais. Mais Marine Le Pen ne veut pas travailler avec tous les groupes d’extrême droite et tous les groupes d’extrême droite ne souhaitent pas travailler avec elle", explique-t-elle. "Comme l'Ukip britannique de Nigel Farage qui trouve le FN trop à droite."

> La France affaiblie au Parlement

Après les faibles scores du PS et l’UMP, la France enverra moins de députés siéger dans les groupes du PPE et du PSE qui conduiront le Parlement. "Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la France", explique Pascale Joannin. "Dans ces groupes on fait passer des messages, on travaille au compromis. Y être moins présent, c’est y être moins entendu, ajoute-t-elle. Les députés FN, eux, auront un pouvoir de nuisance, pas de proposition".

Hélène Favier