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Le communiste Ian Brossat veut "moins d'Europe pour nous emmerder avec les 3%"

Invité de notre antenne, la tête de liste du Parti communiste pour les européennes a appelé à ce que l'UE lutte plus efficacement contre les grandes multinationales qui jouent des écarts de fiscalité entre États membres.

Il est celui qui émerge parmi les "petits" candidats têtes de liste à ces élections européennes. Invité de notre antenne ce mardi, le communiste Ian Brossat a défendu son programme, mélange d'europhilie et de profonde remise en cause du fonctionnement économique actuel de l'UE. 

Fustigeant le "dogme" de la concurrence libre et non-faussée inscrite dans les traitées européens, l'adjoint à la maire de Paris en charge du logement a appelé à ce que la fiscalité soit davantage harmonisée entre États membres. 

Orthodoxie budgétaire

"Je veux moins d'Europe pour nous emmerder sur les 3% de déficit public et plus d'Europe pour (...) lutter contre les GAFA qui, effectivement, nous pillent", a déclaré Ian Brossat, en référence aux géants du web qui bénéficient de taux d'imposition très avantageux selon lui. Un axe majeur de sa campagne. 

Remettant en cause l'orthodoxie budgétaire, gravée dans le marbre européen depuis la ratification du traité de Maastricht, la tête de liste du PCF souhaiterait que la Commission européenne engage des procédures contre les États membres pour "pauvreté excessive" plutôt que pour "déficits excessifs". 

Paradis fiscaux

Ian Brossat estime par ailleurs que certains pays "à l'intérieur" de l'UE se conduisent "comme des paradis fiscaux". L'élu parisien reproche aux instances européennes d'avoir choisi, en 2014, l'ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker pour diriger la Commission. 

"C'est quand même une folie! C'est lui-même qui a créé ce paradis fiscal", renchérit-il, en référence au Luxembourg.

Fin 2018, la Commission avait formé un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne contre le Grand-Duché, lui reprochant de ne pas avoir "mis intégralement en œuvre les règles de lutte contre le blanchiment de capitaux".

En l'espace d'un mois et demi, Ian Brossat a su mettre en œuvre une campagne efficace, qui lui a permis de passer devant Benoît Hamon dans certaines enquêtes d'opinion. Dans le dernier sondage Harris Interactive réalisé pour Le Figaro, la "cure de jouvence" du PCF atteint la barre des 3% d'intentions de vote, seuil de remboursement des frais de campagne. Le leader de Génération.s, quant à lui, y tombe à 2%. 

Jules Pecnard