BFMTV

Edouard Philippe dramatise et prépare les esprits à une politique de rigueur

Edouard Philippe lors de son allocution.

Edouard Philippe lors de son allocution. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Edouard Philippe a déploré jeudi après-midi l'état des finances publiques dans des termes forts, après la remise d'un rapport de la Cour des comptes sévère avec la gestion Hollande. Cette allocution préfigure son discours de politique générale et l'action de son gouvernement.

En prenant la parole à l'Hôtel Matignon ce jeudi après la publication d'un rapport de la Cour des comptes consacré sur la situation jugée préoccupante des finances publiques, le Premier ministre a déclaré, définitif: "Nous héritons d'un dérapage de plus de 8 milliards d'euros. C'est inacceptable". Edouard Philippe a poursuivi: "C'est comme si le gouvernement précédent avait construit un budget en oubliant celui de la justice. C'est presque trois fois le budget de la culture. Huit milliards d'euros de promesses non financées. Huit milliards d'euros de chèques en bois." il s'agit donc d'une attaque en règle contre l'exécutif précédent, alors même que celui qui l'a nommé Premier ministre, Emmanuel Macron, en avait été le ministre de l'Economie, entre le 26 août 2014 et le 30 août 2016. 

Un dernier filage avant le discours de politique générale

Cette allocution permet d'ailleurs au Premier ministre de reprendre la main, depuis mercredi et l'annonce de la réunion du Congrès lundi prochain à Versailles pour un discours d'Emmanuel Macron, un jour avant le discours de politique générale du chef du gouvernement prévu lui mardi. A n'en pas douter, ces quelques mots d'Edouard Philippe livrent la couleur du contenu qu'il présentera aux parlementaires lors de ce rendez-vous à l'Assemblée nationale, où il viendra requérir la confiance d'une majorité de députés. 

"Dès mardi, lors de ma déclaration de politique générale, puis au cours du mois de juillet pendant le débat d'orientation des finances publiques, j'aurai l'occasion de préciser au Parlement notre stratégie de redressement des comptes publics", a-t-il d'ailleurs dévoilé. 

Le Premier ministre entend faire des économies

Au-delà, Edouard Philippe n'a pas hésité à dramatiser l'état des finances du pays, s'adressant directement aux Français dans une note personnelle: "Je souhaiterais que les Français mesurent l'ampleur de ce dérapage. (…) Nous n'avons pas le droit de faire cela à nos enfants, il ne leur revient pas de payer cette note". En écartant la possibilité d'éponger la note par l'impôt, le Premier ministre prépare les esprits à des mesures de rigueur: "Nous nous engageons à contenir le déficit à 3% (du PIB) dès cette année. Nous ne le ferons pas en augmentant les impôts, nous le ferons par des mesures d'économies".

Afin de justifier ses options, Edouard Philippe a prévenu que la dette mettait en péril "la souveraineté nationale". Visiblement, il s'agit d'un argument destiné à diriger le discours du gouvernement. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans un entretien diffusé vendredi dernier par Le Figaro, avait fait de la maîtrise des déficits la "condition de notre souveraineté". 
Robin Verner