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EDITO - La hausse de la taxation sur le carburant "ne profitera pas à Macron"

Dans un entretien à la presse régionale de l'est parue ce lundi matin, Emmanuel Macron a dit "assumer" la hausse de la taxation sur le carburant. Pour notre éditorialiste Christophe Barbier, le président de la République va devoir tenir une ligne de crête en sachant qu'il ne tirera de bénéfice de cette attitude qu'à long terme, au mieux.

Cette semaine, Emmanuel Macron sillonne le nord-est de la France pour rendre hommage aux sacrifices des soldats français de la "Grande guerre". Mais le déplacement ne l'éloignera pas des thématiques économiques. Et dans un entretien publié ce lundi matin par les quotidiens du groupe EBRA, il déclare "assumer parfaitement" la hausse de la taxation sur le diesel, et son alignement sur la fiscalité de l'essence. L'entreprise est délicate selon notre éditorialiste politique, Christophe Barbier, ce lundi matin. 

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"Un pari à long terme"

"Ça ne profitera pas au pouvoir à court terme. Le 26 mai 2019 pour les Européennes, les gens se souviendront des APL, de la CSG, du carburant, du gaz, ils ne penseront pas à la détermination du gouvernement pour sauver la planète. En revanche, peut-être qu’en 2022, la figure d’un président qui a tenu bon face aux colères, qui a maintenu le cap pour que la France se redresse, ça peut payer mais c’est un pari à très long terme."

Christophe Barbier a ensuite analysé l'expression présidentielle: "Assumer oui, mais il faut expliquer, dit le président. Alors, il y a deux attitudes qui ne sont pas tenables. La première, c’est ‘circulez, il n’y a rien à voir. Faites votre plein, on fait une transition énergétique à long terme et ça dépasse vos petits soucis de pompe à essence.’ L’autre, c’est de dire ‘oui, oui, on cède tout de suite sur la taxe, on se plie à la colère populaire. Ce serait de la démagogie. Mais entre les deux, il y a de la marge. (...) Macron dit: ‘Je préfère taxer le carburant que le travail’. Sauf que quand, monsieur le président, aller au travail vous revient de plus en plus cher car vous devez payer l’essence, c’est une manière de taxer le travail, en tout cas les travailleurs. Il l’a compris puisqu’il cherche des solutions."

Le journaliste a énuméré sur notre plateau les mesures envisagées par les autorités: "Il esquisse ses réponses dans son interview aux journaux de l’est. La région des Hauts-de-France aide les conducteurs qui ont plus de trente kilomètres à faire pour aller au travail. L’Etat va aider, dit Macron. Il y a d’autres solutions, le covoiturage. Les employeurs doivent prendre leur part mais l’Etat doit aider les entreprises pour que ça ne pèse pas sur leurs résultats par exemple en concédant une nouvelle baisse de charges et peut-être moins de tracasserie administrative. Il y a des solutions, au gouvernement de les rendre concrètes dans les jours à venir."

Robin Verner